Contribution nr 108 à l’enquête publique sur l’extension de la carrière Grand-Aulas à Murles

12 novembre 2025

Monsieur le commissaire enquêteur,

je vous remercie pour les efforts que vous avez déployé pour faire connaître ce dossier en avertissant vous-même les maires des communes concernées en juillet et août 2025 et en leur donnant des consignes de publicité (Facebook, bulletin municipal, affichage, mailing…) à l’attention des habitants et entités (associations, commissions…) du périmètre concerné par cette consultation publique.

Sur la forme:

J’ai le regret de vous signifier que ces efforts ont été insuffisamment relayés tant par les élus (maires des Matelles, de Combaillaux, bureau de la CCGPSL qui avait rédigé un avis favorable avant séance) que par l’administration préfectorale (dysfonctionnements récurrents de la plate-forme digitale qui transmet aux personnes publiques associées finalement non averties (EPTB Lez-Mosson-EP et CLE, Régie des Eaux 3M…) ce qui a donné une consultation de dernière minute dans certaines communes (CM du 7 nov convoqué le 3 nov à Combaillaux, CM du 15 oct convoqué peu de temps avant aux Matelles…) et une session communautaire CCGPSL, elle aussi tardivement convoquée, au déroulement lamentable, ce qui n’est pas à la hauteur des enjeux malgré l’épais dossier de 3600 pages qui requiert un examen critique détaillé ce que les 41 élus n’ont pu faire (horsmis Murles, Viols le Fort) et une écoute attentive des inquiétudes et des critiques. On ne peut s’abriter derrière le fait que peu de personnes (4+14) viennent aux réunions publiques si elles ne sont pas avisées par leurs propres maires, premiers messagers de l’action publique. Il y a là une double faille, préfectorale et des édiles, qui porte préjudice à la qualité des débats et de l’échange de connaissances et d’informations.

Sur le fond:

– la première et principale inquiétude porte sur l’eau du karst (aquifère de calcaires fissurés, à longues failles et galeries de dissolution, forte transmissivité) du Lez et les risques de pollution associées: au delà du stockage (souvent mal suivi par les autorités en charge des ICPE, exemple de la carrière de Castries: suivi du Bore et de l’Aluminium ainsi que d’autres métaux, piézomètres défaillants… polluant le cours d’eau de la Cadoule dont la préfecture instruit finalement… le déclassement -!?-), la surface portée à +80ha et surtout l’approfondissement de 80m en plus génèrent des risques trop importants à horizon 30 ans et au delà, pour la qualité de l’eau desservant 500 000 habitants, actuellement de bonne qualité, en laissant un horizon de 30m seulement (malgré sa porosité) ce qui est bien peu sachant que le niveau PHE (Plus hautes eaux) n’est que celui qui est connu, et pas forcément le réel pouvant provoquer des zones de contact. Il va de soi que le stockage de Déchets Inertes interpelle, car ils sont constitués de deux catégories aux dires de l’ingénieur de Lafarge (2e réunion publique de Murles): inertes terre et roches, et inertes en vue de recyclage (à quel horizon ?) dont des bitumes (polluants HAP) -!?- et béton/déchets du bâtiment (a priori non amiantés). Le tri des déchets sur chantiers est toujours hasardeux et le contrôle des transporteurs souvent défaillant. Les solutions proposées (Le bouchage des fissures par du béton et de l’argile) sont très difficiles à mettre en oeuvre sur un karst soumis en plus à des tirs de mines, malgré le suivi sismologique des vibrations).

– les autres aspects préjudiciables portent sur le paysage, la poussière, le trafic routier et la biodiversité. On sait d’expérience que pour la biodiversité végétale, les stériles et autres déchets inertes sont peu « fertiles » et que les plantations même arrosées sont assez dérisoires au bout de nombreuses années de suivi (ex: Castries) laissant la reconstitution d’une biodiversité animale très aléatoire (sachant que certaines espèces menacées sont très territoriales (concurrentielles) et à faible densité, comme le Lézard ocellé, dans ces milieux de garrigues. La surface concernée et le déboisement…aggravent ce fait…

Globalement, cela montre (déjà) l’obsolescence du schéma directeur des carrières (initié il y a 20 ans mais conclu il y a qqs années, dans un contexte de croissance urbaine qui atteint déjà ses limites comme le montrent les débats sur le PLUi 3M et ses OAP) alors que la période et les enjeux changent d’ampleur et de nature (crise de la biodiversité et du climat, enjeux énergétiques qui doivent nous amener à repenser totalement notre mode de développement économique et d’artificialisation des espaces bien avant l’horizon de l’autorisation environnementale de 2056 pour cette carrière, métropole 3M et y compris pour les communes du Pic St Loup qui attendraient 30000 habitants en plus d’ici 2050).

Le modèle économique de Lafarge ne peut dissocier extraction et ISDI pour des raisons financières et de RSE ce qui est logique: Or il s’appuie sur une logique de l’offre (matériaux et déchets) que l’attractivité métropolitaine entraine mais qui affecte l’arrière-pays. Il est temps de repenser ce mode de développement à différentes échelles (ardente planification au lieu de l’actuelle planification molle à dérogations constantes) d’autant que les ressources en eau viennent à manquer tant dans les villages (Montarnaud…) que pour la ville (mélange eau du Lez avec eau BRL).

Il est donc indispensable que l’Etat réexamine les tendances et orientations avec sérieux et en toute transparence, avec des procédures efficaces (différemment conduites que dans ce cas) et avec des élus conscients, informés et non suivistes ou manipulateurs comme cela a été le cas présentement, afin que la population soit librement éclairée et consentante, et non laissée dans un jeu d’ombres comme ce fut le cas dans cette consultation.

Le préfet est invité à conduire différemment ce processus comme le laissent entendre toutes les discussions de ces 10 derniers jours (habitants) et des 3 derniers jours (pour les élus) sur les 3 mois écoulés, trop marqué de silence et d’opacité, provoquant un retournement de situation inattendu (CCGPSL 2 avis défavorables) préjudiciable à l’action publique.

Cordialement, JL Couture. Habitant de Combaillaux.

JL Couture est par ailleurs président de Mosson Coulée Verte et membre de Eau Secours 34.

« Les Rencontres de l’eau » mardi 13 mai 2025 au Corum de Montpellier

« Les Rencontres de l’eau » se dérouleront le mardi 13 mai 2025 à la Salle EINSTEIN au Corum de Montpellier

Déroulé de la journée

9h00 : Accueil
9h30 : Introduction
10h00 : 1ère session
12h15 : Buffet
14h00 : 2ème session
16h00 : Conclusion

La session du matin

Conférence de M. François GEMENNE sur le thème « Comment gérer les interactions entre cycles de l’eau et dérèglements climatiques ?« , suivie d’une table ronde avec MM. Alix ROUMAGNAC (PREDICT Services), Éric SERVAT (Centre International UNESCO sur l’Eau de Montpellier – ICIREWARD) et Mme Véronique NEGRET (Montpellier Méditerranée Métropole)

La session de l’après-midi

Conférence de Mme Charlène DESCOLLONGES sur le thème de « Quelle gouvernance locale pour le partage quantitatif et qualitatif de l’eau sur notre territoire ?« , suivie d’une table ronde avec MM. Thierry RUF (IRD), Jean-Claude ARMAND (Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup), Clément GAILLARD (Freio – Design climatique) et Alexandre BRUN (Université de Montpellier Paul-Valéry)

Il est encore possible de s’inscrire aux Rencontres de l’eau car il reste encore quelques places dans la salle Einstein du Corum

Le lien pour s’inscrire

Plan d’accès à la salle Einstein du Corum

Contribution n°3757 (Web) de FNE OcMed à l’enquête publique sur le PLUi de Montpellier Méditerranée Métropole

FNE Occitanie Méditerranée est favorable au nouveau plan local d’urbanisme, en raison des efforts engagés pour infléchir l’étalement urbain. Nous avons toutefois relevé plusieurs points problématiques, dont notamment le zonage relatif à l’implantation de parcs photovoltaïques en zone Natura 2000, la maîtrise des espaces déjà urbanisés de la loi littoral, et des zones à enjeux qui n’ont pas été évitées (Sablassou, Gimel/Euromédecine, parc Henri Lagattu).

Mémoire de FNE OcMed

Contribution n°3465 (Web) à l’enquête publique sur le PLUi de Montpellier Méditerranée Métropole

Eau Secours 34 souhaite alerter les commissaires enquêteurs sur les contradictions entre les énoncés des paragraphes 2.3 (Préserver la ressource en eau), 2.4 (Réduire l’exposition des personnes et des biens aux risques) et 2.5 (Réduire la vulnérabilité du territoire au ruissellement urbain) du PADD et les aménagements urbains présents et futurs tels que décrits de manière plus ou moins floue dans plusieurs OAP.

Les OAP que nous avons choisies de commenter, au regard des paragraphes 2.3, 2.4 et 2.5 du PADD ainsi que du « Guide pour la gestion intégrée de l’eau en milieu urbain et la désimperméabilisation » publié par l’EPTB Lez en partenariat avec plusieurs EPCI dont Montpellier Méditerrané Métropole, sont les OAP Gimel, Euromédecine II, Centre Valsière pour le bassin versant du Verdanson, et l’OAP quartier Cambacérés pour le bassin versant du Nègue-Cats. Nous avons choisi ces OAP parce que nous suivons et documentons depuis des années l’urbanisation et ses impacts sur les milieux aquatiques et le risque d’inondation dans ces secteurs. Mais Il y a aussi d’autres OAP qui sont à pointer du doigt.

Les 2 documents sur les OAP citées ci-dessus sont en pièces jointes.

OAP Gimel, Euromédecine II, Centre Valsière – Bassin du Verdanson
OAP quartier Cambacérés – Bassin du Nègue-Cats

Eau Secours 34 n’émet pas un avis défavorable pour l’ensemble du PLUi car il contient de nombreux points qui nous semblent aller dans le bon sens. Mais nous demandons instamment que certaines OAP soient modifiées voire totalement re-écrites. La révision de ces OAP permettrait de réduire les situations où certains aménagements urbains envisagés sur le territoire de Montpellier Méditerranée Métropole entrent en contradiction avec les principes vertueux énoncés dans le PADD (désimperméabilisation et végétalisation, infiltration à la parcelle, espace de bon fonctionnement des cours d’eau, c’est-à-dire tout ce qui constitue la gestion intégrée des eaux pluviales urbaines).

Contribution n°820 (Web) à l’enquête publique sur le PLUi de Montpellier Méditerranée Métropole

Eau Secours 34 constate que le projet de l’OAP Castelnau-le-Lez Sablassou est un copier-coller du projet de DUP réserve foncière sur le secteur de Sablassou, rejeté par la majorité des habitants de Castelnau-le-Lez ayant participé à l’enquête publique en juillet 2024 avec un avis défavorable du commissaire-enquêteur.

Le site de Sablassou dans le projet d’AOP est d’une surface de 11 ha, soit un ha de plus que dans le projet de DUP réserve foncière. Le projet prévoit la construction d’environ 50 000 m² de surface de plancher dont 45 000 m² pour la seule construction d’un établissement de santé (la fameuse clinique que le maire de Castelnau-le-Lez cherche à imposer coûte-que-coûte). La construction se trouve dans ce qui reste de la plaine agricole de Sablassou. La hauteur des bâtiments autorisée est de 28 m, soit des immeubles de R+7 et R+8 étages. Nous ne savons pas si les parkings de l’établissement de santé seront souterrains ou en surface. Il va s’en dire que les conséquences sur les eaux souterraines et le risque d’inondation ne seront pas les mêmes selon le type de parking construit.

Nous allons donc reprendre notre analyse hydraulique du projet de DUP et la compléter pour le projet d’AOP à la lumière des informations supplémentaires dont nous disposons, notamment la mise à jour de la carte du PPRI de Castelnau-le-Lez intégrant désormais le risque d’inondation par ruissellement des eaux pluviales en plus de celui par débordement des cours d’eau, et une carte assez grossière de la remontée de nappes par le BRGM.

Une aggravation du risque d’inondation

Le secteur englobant Sablassou a subi dans un passé pas si lointain de fortes inondations (2011, 2015). La voie ferrée et même la ligne 2 du tram et le chemin du Pech St Pere, parties intégrantes du futur pôle d’échange multimodal, sont inondés à chaque pluie d’intensité moyenne ou forte. C’est encore le cas du chemin du Pech St Pere après la pluie d’intensité moyenne de la semaine dernière.

Le ruissellement des eaux de pluie sur des sols imperméabilisés par des aménagements urbains sur des parcelles initialement naturelles ou agricoles est la cause principale de ces inondations, renforcé par la remontée de nappe à l’extrémité sud de Sablassou. La carte du PPRI, retravaillée par l’association « Non au Béton » pour être plus lisible, montre un aléa très fort (violet) le long de la voie ferrée, fort (orange) et modéré (vert) le long de la ligne 2 du tram et sur le chemin du Pech St Pere (voir pièce jointe). L’imperméabilisation supplémentaire à Sablassou ne laissant que 30 % de surface perméable aggravera clairement le risque d’inondation, d’autant plus qu’il n’est, semble-t-il, pas prévu de désimperméabiliser sur le même secteur pour compenser cette imperméabilisation supplémentaire. A cela, il faut ajouter l’inondation des parkings de la future clinique dans le cas où ils seraient souterrains. Quelle ineptie de construire une clinique dont les voies d’accès par les ambulances et autres véhicules ainsi que ses éventuels parkings souterrains peuvent être inondés à tous moments ! La surface imperméabilisée non compensée et la construction d’éventuels parkings souterrains dans la nappe ne respectent ni le ZAN ni le règlement du PLUi et sont incompatibles avec le SDAGE et le SAGE.

Une diminution de la recharge de la nappe

Le Sablassou possède une nappe d’eau souterraine dans les sables astiens sous une couche loess-limon profonde d’environ 3 à 6 mètres. Une activité agricole a pu ainsi se développer dés le XIIème siècle grâce à la bonne qualité des terres loessiques et à leur capacité de rétention d’eau, mais aussi grâce à des norias, puits et forages prélevant de l’eau dans la nappe pour irriguer certaines cultures. Actuellement, plus de la moitié des norias, puits et forages sont abandonnés et/ou à sec, ce qui laisse supposer que la recharge de la nappe ne s’effectue plus aussi bien qu’avant. La couche loess-limon étant plutôt imperméable, la percolation de l’eau de pluie jusqu’à la nappe s’effectue dans les endroits où la couche loess-limon est de très faible épaisseur, au niveau des fossés et par les karsts situés au nord de la 113. L’explication la plus probable à la diminution de la recharge de la nappe est l’imperméabilisation du sol à ces endroits et le comblement de fossés. L’imperméabilisation du sol par des aménagements urbains sur des parcelles de l’OAP diminuerait d’autant la recharge de la nappe et la capacité de rétention de l’eau dans le sol (eau verte). Les parkings souterrains freineraient également l’écoulement longitudinale de l’eau dans la nappe. Tout cela qui porterait un coup terrible à l’activité agricole et au jardinage à Sablassou.

Une atteinte de plus à la trame verte et bleue

Sablassou fait partie d’une trame verte et bleue à l’Est de Montpellier. Cette trame est un ilot de fraicheur et de biodiversité très appréciée des habitants. La loi impose depuis 2021 dans les documents de planification (SRADDET, SCOT, PLUi) la préservation et la restauration de la continuité écologique et de la biodiversité au sein des trames vertes et bleues ou de ce qu’il en reste. Les aménagements urbains sur les parcelles de l’OAP en continuant de dégrader et fragmenter les habitats naturels iront à l’encontre de cet objectif vertueux.

Avis défavorable de Eau Secours 34

Notre avis sur ce projet d’AOP ne peut-être que défavorable pour les raisons indiquées ci-dessus.

Carte zonage PLUi
Carte PPRI

Contribution n°557 (Web) à l’enquête publique sur le PLUi de Montpellier Méditerranée Métropole

Eau Secours 34 demande que la durée de l’enquête publique soit rallongée d’un ou deux mois, compte-tenu de la quantité très importante de documents à consulter, et de l’ajout des zonages eaux pluviales et assainissement à l’enquête publique sur le PLUi. Nous demandons aussi que les cartes PLUi et PPRI soient plus exploitables qu’elles ne le sont actuellement, et que les incohérences dans et entre certains documents soient corrigées.

Eau Secours 34, qui a un représentant au conseil d’administration de la régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole et qui représente FNE Occitanée-Méditerranée au bureau de la Commission Locale de l’Eau Lez-Mosson-Etangs Palavasiens, souhaite faire une contribution écrite solide se focalisant sur les liens eau-urbanisme-climat et c’est lors d’une première lecture rapide des documents mis à disposition que nous avons constaté les problèmes énoncés ci-dessus. Par exemple,
— la classification de certaines parcelles dans des PLU communaux est différente de celle des mêmes parcelles dans le PLUi, censé intégrer les PLU communaux;
— la carte du PPRI intègre le risque d’inondation par ruissellement des eaux pluviales en plus des risques d’inondation par débordement des cours d’eau et submersion marine uniquement pour Montpellier et Castelnau-le-Lez, alors que nous savons que cette mise à jour existe pour d’autres communes de 3M;
— le zonage assainissement s’appuie sur des données en partie obsolètes ou absentes; ces données seront corrigées dans le Schéma Directeur Assainissement (SDA) de 3M mais celui-ci sera adopté en 2027, c’est-à-dire au moins un an après l’adoption du PLUi; la régie des eaux de 3M vient juste de passer un marché public avec un bureau d’études qui réalisera l’inventaire du patrimoine et des infrastructures (postes de relevage, bassins d’orage, déversoirs…) constituant la première partie du SDA;
— enfin que dire des OAP territorialisées qui semblent avoir été générées par l’IA tant elles sont pauvres en informations précises et chiffrées; certaines d’entre elles sont même en contradiction avec d’autres documents mis à disposition pour l’enquête publique.

Contribution à l’enquête publique préalable à la DUP et enquête parcellaire pour la création d’une réserve foncière sur le secteur de Sablassou

Eau Secours 34 est une association d’usagers de l’eau active depuis une quinzaine d’années sur le département de l’Hérault mais avec un focus plus marqué sur le territoire de la métropole de Montpellier. Eau Secours 34 s’intéresse non seulement aux services publics locaux de l’eau potable et de l’assainissement, mais aussi aux services publics locaux de l’eau brute, de la gestion des eaux pluviales urbaines et de la GEMAPI. Eau Secours 34 est membre de FNE Occitanie Méditerranée, et à ce titre un adhérent de Eau Secours 34 représente FNE Occitanie Méditerranée au sein du bureau de la Commission Locale de l’Eau Lez-Mosson-Etangs Palavasiens. Un adhérent de Eau Secours 34 est aussi membre du Conseil d’Administration de la régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole. Nous sommes aussi régulièrement sollicités pour participer à des commissions diverses telles que le récent comité de pilotage du Schéma Directeur Eau Brute de la métropole de Montpellier.

Nous avons aussi pris l’habitude de participer aux débats publics organisés par la CNDP et de contribuer aux enquêtes publiques lorsque l’eau est un des enjeux à prendre en compte. C’est le cas de l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique et enquête parcellaire pour la création d’une réserve foncière sur le secteur de Sablassou.

Nous tenons tout d’abord à exprimer notre étonnement face à cette enquête publique lancée en plein mois de juillet. Ce n’est pas la première fois qu’une enquête publique concernant le territoire de la métropole de Montpellier a lieu en été, mais c’est la première fois qu’une enquête publique est lancée via la procédure simplifiée avec un dossier aussi mal monté et pour une durée aussi courte. Quelle urgence y a-t-il à lancer cette enquête publique alors que les études d’impact environnemental sont loin d’être terminées et que le projet de réserve foncière doit se conformer au SRADDET et au SCOT qui sont en cours de révision, et au PLUi qui sera finalisé au plus tôt mi-2025 ? N’y a-t-il pas là une tentative de passage en force par le maître d’ouvrage des futurs aménagements des terrains de la future réserve foncière ?

Une aggravation du risque d’inondation par ruissellement des eaux de pluie

Le secteur englobant Sablassou a subi dans un passé pas si lointain de fortes inondations par ruissellement des eaux de pluie. C’est l’imperméabilisation du sol par des aménagements urbains sur des parcelles initialement naturelles ou agricoles qui a provoqué l’augmentation du ruissellement et donc les inondations. Si la réserve foncière est créée, ce processus (urbanisation-ruissellement-inondation) va se poursuivre sur les parcelles de la réserve foncière puisqu’un certain nombre d’ha ont vocation à être « aménagés » (immeubles, parkings, infrastructures de transport, etc.). Le PPRI pour le TRI de Castelnau-le-Lez est en cours de révision avec une prise en compte pour la première fois du risque d’inondation par ruissellement en plus de celui par débordement des cours d’eau. Il nous semble essentiel d’attendre les premières estimations sur le risque d’inondation par ruissellement avant de créer la réserve foncière. Il en va de la sécurité des biens et des personnes face au risque d’inondation à Sablassou.

Une diminution de la recharge de la nappe des sables astiens

Le Sablassou possède une nappe d’eau souterraine dans les sables astiens sous une couche loess-limon profonde d’environ 3 à 6 mètres. Une activité agricole a pu ainsi se développer dés le XIIème siècle grâce à la bonne qualité des terres loessiques et à leur capacité de rétention d’eau, mais aussi grâce à des norias, puits et forages prélevant de l’eau dans la nappe pour irriguer certaines cultures. Actuellement, plus de la moitié des norias, puits et forages sont abandonnés et/ou à sec, ce qui laisse supposer que la recharge de la nappe ne s’effectue plus aussi bien qu’avant. La couche loess-limon étant plutôt imperméable, la percolation de l’eau de pluie jusqu’à la nappe s’effectue dans les endroits où la couche loess-limon est de très faible épaisseur, au niveau des fossés et par les karsts situés au nord de la 113.  L’explication la plus probable à la diminution de la recharge de la nappe est l’imperméabilisation du sol à ces endroits et le comblement de fossés. L’imperméabilisation du sol par des aménagements urbains sur des parcelles de la réserve foncière diminuerait d’autant la recharge de la nappe et porterait un coup terrible à l’activité agricole et au jardinage à Sablassou.

Une atteinte de plus à la trame verte et bleue

Sablassou fait partie d’une trame verte et bleue à l’Est de Montpellier. Cette trame est un ilot de fraicheur et de biodiversité très appréciée des habitants. La loi impose depuis 2021 dans les documents de planification (SRADDET, SCOT, PLUi) la préservation et la restauration de la continuité écologique et de la biodiversité au sein des trames vertes et bleues ou de ce qu’il en reste. Les aménagements urbains sur les parcelles de la réserve foncière en continuant de dégrader et fragmenter les habitats naturels iront à l’encontre de cet objectif vertueux.

Avis défavorable de Eau Secours 34

Notre avis sur ce projet de réserve foncière est défavorable pour les raisons indiquées ci-dessus, mais aussi parce que l’utilité publique telle qu’invoquée dans le dossier ne correspond pas avec l’idée que nous nous faisons de l’intérêt général et de sa défense sur le territoire de la métropole de Montpellier.