Contribution du Mouvement européen pour l’eau à l’appel à contributions concernant la révision de la Directive cadre sur l’eau

Avril 2026

Traduction en français de la contribution en anglais du Mouvement européen pour l’eau.
Introduction

Le Mouvement européen pour l’eau (EWM) est un réseau ouvert, inclusif et pluraliste dont l’objectif est de renforcer la reconnaissance de l’eau en tant que bien commun et droit universel fondamental. Nous sommes unis dans notre lutte contre la privatisation et la marchandisation de cette ressource vitale, ainsi que dans notre engagement à construire un système de gestion publique et communautaire de l’eau, fondé sur la participation démocratique des citoyens et des travailleurs. L’EWM a été l’un des promoteurs de l’initiative citoyenne européenne (ICE) « Right2Water » de 2012/2013 sur le droit humain à l’eau.

Le dernier rapport de l’Agence européenne de l’environnement (EEA) sur l’état des eaux en Europe en 2024 a mis en évidence des chiffres alarmants concernant l’état des eaux de l’Union Européenne (UE), dont seulement 29 % des eaux de surface présentent un bon état chimique, et a clairement identifié certains des principaux facteurs responsables.

Nous souhaitons comprendre comment « cette initiative favorisera l’accès à ces matières dans l’UE, tout en protégeant l’environnement et la santé humaine »

¹

, étant donné que cette révision conduira sans aucun doute à un affaiblissement des mesures de protection de l’environnement.

Le secteur minier et certains de nos responsables politiques présentent systématiquement la Directive cadre sur l’eau (DCE) comme un compromis nécessaire pour garantir l’accès aux matières premières critiques (Critical Raw Materials, CRM), présentées comme indispensables aux transitions écologique et numérique. Ce discours est réducteur. Elle ne fait pas la distinction entre les utilisations véritablement essentielles, telles que les systèmes d’énergie renouvelable ou les infrastructures publiques critiques, et les demandes en pleine expansion, motivées par la consommation et le profit, notamment les véhicules électriques privés, les centres de données et les tendances plus générales à la sur-numérisation. Une transition qui se fait au détriment de la nature et de la santé des personnes ne peut être qualifiée de transition verte ; elle ne renforce pas non plus l’autonomie stratégique ni la compétitivité à long terme de l’UE.

En l’absence de hiérarchisation claire des priorités, la « criticité » devient une justification passe-partout pour intensifier l’extraction plutôt qu’un outil stratégique. Surtout, les débats politiques actuels restent massivement axés sur l’offre, tout en négligeant les mesures axées sur la demande, telles que l’utilisation efficace des ressources, l’économie circulaire et les changements systémiques en matière de mobilité et de consommation. Affaiblir les mesures de protection de l’environnement pour répondre à une demande effrénée est incompatible avec les limites planétaires.

De plus, le recours aux CRM s’appuie souvent sur un « techno-solutionnisme » qui néglige les impacts à long terme et irréversibles de l’exploitation minière sur les milieux aquatiques, notamment la pollution chimique et la dégradation des ressources en eaux souterraines. Une révision de la DCE visant à faciliter l’extraction aurait pour effet de répercuter ces coûts sur les écosystèmes et la société, notamment en raison des risques pesant sur l’eau potable, l’eau propre nécessaire aux activités humaines, une biodiversité déjà fragile et la résilience climatique.

Une approche véritablement stratégique de la sécurité des ressources devrait donner la priorité à la réduction de la dépendance, privilégier les usages d’intérêt public et s’aligner sur les limites environnementales, sans les abaisser. Dans ce contexte, l’argument des CRM ne saurait justifier un recul par rapport aux principes fondamentaux de la protection de l’eau, mais appelle plutôt à un cadre politique plus cohérent, plaçant la sobriété au cœur de la démarche.

I. Les revendications du secteur minier : vider la DCE de sa substance

Les revendications formulées par le secteur minier, telles qu’elles ressortent de ses prises de position², affaibliraient considérablement les objectifs fondamentaux et l’architecture juridique de la DCE. Si elles étaient acceptées, ces propositions n’apporteraient pas seulement des ajustements techniques, mais videraient de fait la directive de sa substance, compromettant ainsi sa capacité à protéger les ressources en eau, les écosystèmes et la santé publique dans l’ensemble de l’UE.

Affaiblissement du principe de non-détérioration

Au cœur de la DCE se trouve le principe de non-détérioration, pierre angulaire de la législation européenne en matière d’eau et traduction directe des principes plus généraux de non-régression et de prévention dans les domaines de la protection de l’environnement et du développement durable. Ce principe est solidement ancré dans la jurisprudence de l’UE, notamment dans l’affaire Weser, qui a précisé que toute détérioration de l’état d’une masse d’eau doit être évitée, sauf si des conditions strictes sont remplies.

Ce principe a joué un rôle déterminant dans l’amélioration concrète de la qualité de l’eau et de la santé des écosystèmes dans l’ensemble des États membres. Son affaiblissement réduirait à néant des décennies de progrès, anéantirait les ressources financières et institutionnelles et marquerait un revirement par rapport à l’engagement de l’UE en faveur de normes environnementales élevées, érodant ainsi la souveraineté de l’Union.

Le secteur minier préconise une définition « pragmatique » ou « pratique et proportionnée » du terme « détérioration », faisant également valoir que « tout impact sur la qualité de l’eau ne doit pas être considéré comme une détérioration interdite ».

Tout d’abord, les lois sont conçues pour protéger l’intérêt général³ et, par définition, visent toujours à trouver un équilibre afin de rester viables sur les plans culturel, social, environnemental et économique. La DCE, compte tenu de son objectif, constitue un texte législatif essentiel pour la préservation des droits fondamentaux de l’homme (environnement sûr, propre et durable, vie privée et santé, eau et assainissement, vie digne, etc.).

Les droits de l’homme ne sont pas un accessoire futile dont on peut se débarrasser à la moindre demande d’un secteur donné, ou dès la première perturbation géopolitique ou économique. Au contraire, ils constituent le fondement de toute société qui fonctionne. Les secteurs mêmes qui réclament indirectement le démantèlement de ces droits fondamentaux sont aussi ceux qui en bénéficient : ils ont tous besoin d’eau potable, d’une main-d’œuvre en bonne santé et éduquée, ainsi que d’un environnement relativement résilient et pacifique où règne l’État de droit pour mener à bien leurs activités.

Deuxièmement, le secteur minier et ses acolytes, ainsi que, malheureusement, le « gardien des traités » (c’est-à-dire la Commission européenne), semblent oublier que le droit, et en particulier le droit de l’environnement, repose sur la science et les faits. Tout impact négatif sur la qualité de l’eau est donc synonyme de détérioration. Compte tenu des effets en cascade de la détérioration d’un paramètre de qualité sur les autres paramètres de qualité et sur l’ensemble des écosystèmes et des réseaux trophiques, une définition « pragmatique » ou « proportionnée » de la détérioration ne ferait que permettre une pollution à plus long terme, avec des impacts irréversibles sur la vie, plus importante que celle déjà autorisée par le régime de dérogation existant au titre de la DCE, en particulier au vu du type de pollution générée par le secteur minier, qui est absolument nocif et mortel.

Enfin, comme pour tout autre texte législatif, la DCE prévoit déjà un régime de dérogation en vertu de son article 4, notamment ses paragraphes 7 et 5, ce qui ne justifie pas de remettre en cause ses principes fondamentaux, tels que le principe de non-détérioration.

Élargissement du champ d’application de l’article 4(7)

Le secteur minier demande que cet article fasse l’objet de modifications spécifiques, telles que :

  • Élargir le champ d’application de la détérioration admissible prévue à l’article 4(7), en modifiant la référence à l’«état écologique» des eaux de surface afin d’y inclure l’«état chimique». Une telle modification permettrait de prendre en compte les impacts significatifs à long terme, y compris la pollution historique, qui, à leur tour, entraîneraient une dégradation supplémentaire des conditions écologiques au fil du temps.
  • Supprimer le terme « physique » de l’expression « caractéristiques physiques », étendant ainsi les modifications autorisées au-delà des changements hydromorphologiques pour inclure les impacts chimiques. Cela ouvrirait la voie à une détérioration importante et potentiellement irréversible des masses d’eau, ainsi qu’à une perte de biodiversité déjà extrêmement rapide et irréversible.
  • Suppression la référence aux eaux «superficielles», qui étendrait ces dérogations aux eaux souterraines. Cela est particulièrement préoccupant compte tenu :
    — de leur importance pour les écosystèmes dépendants des eaux souterraines, qui sont souvent très fragiles et mal connus,
    — du rôle essentiel des eaux souterraines dans l’approvisionnement en eau potable à travers l’UE,
    — et de la persistance à long terme de la pollution des eaux souterraines, ce qui soulève de sérieuses questions quant à savoir qui supportera les coûts et assumera la responsabilité de la remise en état, lorsque cela est possible.

Article 4(5)

Les données disponibles indiquent que certaines des dérogations prévues par la DCE, en particulier l’article 4(5), restent sous-utilisées. Plutôt que de réviser la directive pour y introduire de nouvelles dérogations, il convient de veiller en priorité à ce que les dispositions existantes soient appliquées de manière efficace et cohérente.

Prolongation du délai de mise en conformité avec la DCE, conformément à l’article 4(4)

La proposition de prolongation des délais ne fait que souligner davantage cette préoccupation. La date butoir initialement fixée à 2015 pour la mise en œuvre de la DCE a déjà été repoussée à 2027. Or, selon les dernières évaluations de l’EEA et les derniers rapports sur la mise en œuvre de la DCE, les progrès restent limités. Accorder de nouvelles prolongations risque d’institutionnaliser le non-respect de la réglementation plutôt que de s’attaquer à ses causes profondes.

De nouvelles exemptions sont prévues à l’article 4

Par ailleurs, les récentes évolutions liées à la révision de la Directive relative aux normes de qualité environnementale (EQSD) ont déjà introduit de nouvelles formes de flexibilité, notamment :

  • une détérioration temporaire à court terme pour les éléments biologiques (jusqu’à un an) et pour les éléments chimiques (jusqu’à trois ans)
  • transfert d’eaux ou de sédiments pollués vers un autre milieu aquatique sans augmentation de la charge globale = pas d’augmentation nette de la pollution

Ces dérogations sont, par nature, difficiles à prévoir et à contrôler à l’avance, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à leur compatibilité avec les principes de précaution et de prévention. Dans la pratique, elles risquent de banaliser la détérioration plutôt que de la prévenir.

De même, le concept de « pas d’augmentation nette » de la pollution ne tient pas compte des effets réels et immédiats de ces transferts sur les milieux récepteurs. Le déplacement de la pollution n’équivaut pas à une réduction de la pollution.

Si les exigences du secteur minier devaient être satisfaites, la DCE perdrait ttout simplement sa substance et deviendrait un texte législatif vide de sens, dont la mise en œuvre effective serait directement contrecarrée par des dérogations systématiques aux principes très clairs visant à atteindre un bon état des eaux. La DCE constituant le fondement même de la protection de l’eau dans l’UE, nous exhortons la Commission européenne à retirer cette initiative malavisée.

II. Questions de procédure soulevées par la proposition de révision

D’un point de vue procédural, nous souhaitons également poser un certain nombre de questions à la Commission européenne concernant le processus de « réexamen et de révision » de la DCE.

La procédure actuelle soulève de sérieuses préoccupations quant au respect des Lignes directrices pour une meilleure réglementation (Better Regulation Guidelines) et des principes fondamentaux de l’élaboration législative de l’Union européenne, notamment la transparence, la participation, la cohérence et l’utilisation des meilleures données disponibles, ainsi que des principes de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, de la Convention d’Aarhus et même du marché unique, compte tenu des répercussions considérables que cette révision peut avoir sur d’autres secteurs économiques.

La DCE revêtant un intérêt général de premier plan, le fait d’annoncer une révision de ses dispositions seulement cinq ans après que son « fitness check » a conclu qu’elle était adaptée à son objectif, et sans avoir préalablement procédé à des évaluations d’impact et des analyses des risques significatives et adéquates ni à une consultation publique, revient littéralement à contourner les étapes indispensables à une prise de décision fondée sur les meilleures données disponibles. Rien ne justifie de s’écarter des principes fondamentaux de l’élaboration des lois et des Lignes directrices pour une meilleure réglementation. Si tel est le cas, nous n’avons vu cette justification nulle part, ce qui reflète également un manque de transparence et illustre une tendance systématique récente de la Commission européenne à outrepasser les pouvoirs qui lui sont conférés.

L’appel à contributions, tel qu’il est actuellement conçu, est insuffisant tant sur le fond que sur le plan du calendrier : il manque des précisions nécessaires pour permettre des contributions éclairées et s’accompagne d’un calendrier qui ne permet pas une participation significative. Cela pose un problème particulier étant donné que l’examen devant déboucher sur la révision devrait s’appuyer sur une analyse d’impact couvrant les dimensions environnementale, sanitaire et économique. Une telle approche va à l’encontre de l’objectif même de la gouvernance participative et réduit cette consultation à une participation exclusive d’experts, en écartant la voix des citoyens.

De plus, le processus semble faire fi des préoccupations clairement exprimées par le public. La récente consultation à grande échelle sur le projet de loi Omnibus sur l’environnement a mis en évidence une opposition significative des citoyens à la révision de la législation environnementale fondamentale et à l’expansion des activités minières, opposition exprimée par plus de 200 000 citoyens. Ces contributions n’ont pas été suffisamment prises en compte ni traitées. Parallèlement, la participation des parties prenantes s’est de plus en plus appuyée sur des formats informels et opaques, tels que les « dialogues de mise en œuvre » et les tables rondes, qui manquent de transparence et de responsabilité. Cette combinaison de consultations formelles limitées, de délais insuffisants et de recours à des mécanismes de participation non transparents soulève des questions fondamentales quant au respect de l’État de droit et à l’obligation de la Commission d’assurer un processus décisionnel inclusif, fondé sur des données factuelles et démocratique.

Conclusion

Une révision de la DCE entraînerait des risques environnementaux, sociaux et institutionnels considérables, au profit d’une minorité. Elle affaiblirait la protection des ressources en eau, avec des conséquences directes sur le droit à l’eau, la santé publique et celle de la nature, ainsi que sur les petites entreprises locales, tout en faisant peser les coûts à long terme sur les communautés et les pouvoirs publics.

Au niveau systémique, cela porterait atteinte aux principes fondamentaux de l’Union européenne que sont le principe de précaution, la prévention, la correction de la pollution à la source et la non-régression, ainsi qu’aux fondements plus généraux de la gouvernance démocratique, notamment la transparence, la participation, la cohérence et l’État de droit. Une telle révision compromettrait également la sécurité juridique au niveau national et créerait des précédents dangereux dans tous les secteurs, ouvrant la voie à de nouvelles dérogations aux normes environnementales et sociales, y compris dans l’agriculture et d’autres secteurs à fort impact.

Compte tenu de ces risques, nous demandons à la Commission européenne :

  • de s’abstenir de rouvrir la directive et privilégier plutôt sa mise en œuvre intégrale et effective;
  • de respecter et renforcer le principe de non-détérioration et les garanties existantes, et de recourir aux dérogations existantes, qui sont suffisantes, plutôt que de les étendre;
  • de veiller au respect strict des Lignes directrices pour une meilleure réglementation, notamment en matière de participation significative du public, de transparence et d’utilisation de données solides et exhaustives;
  • de s’attaquer aux causes profondes des pressions exercées sur les ressources en eau en donnant la priorité aux mesures axées sur la demande, à l’utilisation rationnelle des ressources et à la consommation durable;
  • et de veiller à ce que toute évolution des politiques respecte pleinement les droits fondamentaux, les limites de la planète et l’intérêt général à long terme.

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Réponses au questionnaire de Eau Secours 34 sur la future politique de l’eau de Montpellier Méditerranée Métropole

Eau Secours 34 a reçu les réponses de 19 listes candidates aux élections municipales 2026 soit environ un quart des listes contactées.

Les commentaires parfois associés aux réponses donnent un éclairage intéressant sur comment les futurs élus métropolitains voient (ou pas) leur rôle dans la conduite de la politique de l’eau de Montpellier Méditerranée Métropole. Un résumé de ces commentaires accompagne les réponses à chaque question.

1/ Soutenez-vous un versement eau solidaire aux ménages de vos communes identifiés par la CAF comme ayant des revenus si faibles qu’ils engendrent des difficultés à payer leur facture d’eau ?

18 pour | 1 sans opinion

La plupart des commentaires traduisent une difficulté à appréhender ce qu’est une tarification éco-solidaire et plus particulièrement l’intérêt du versement eau solidaire grâce à la CAF, et cela quelque soit l’opérateur desservant la commune (régie, délégataire, SemOp).


Q1

2/ Souhaitez-vous que prenne fin dès que possible la sous-traitance au privé d’une partie des activités de collecte et de traitement des eaux usées de la régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole ?

17 pour | 2 sans opinion

Plusieurs commentaires mettent en garde contre les risques techniques et économiques pour le service assainissement opéré par la régie des eaux de Montpellier Méditerranée Montpellier à mettre fin prématurément aux prestations actuelles des entreprises privées (notamment Veolia).


Q2

3/ Approuvez-vous que d’une part soient effectuées des analyses plus fréquentes des micropolluants émergents dans l’eau et d’un plus grand nombre de molécules que ce qu’exigent les réglementations européenne et française, et que d’autre part les usagers de vos communes soient mieux et plus souvent informés de la qualité de l’eau du robinet qui en découle ?

19 pour

Il y a un consensus à faire plus pour la qualité de l’eau que ce qu’exigent les réglementations européenne et française. Toutes les listes s’engagent également à mieux informer leurs concitoyens de la qualité de leur eau du robinet et certaines expliquent comment elles le feront.


Q3

4/ Etes-vous favorable à la création d’un observatoire de l’eau regroupant élus, institutionnels, experts, associations pour réfléchir et faire des propositions sur la politique de l’eau de la métropole de Montpellier, et à lui associer un forum d’échange et de sensibilisation avec les habitants ?

17 pour | 1 contre | 1 sans opinion

Quelques listes considèrent que d’une part, l’observatoire/forum serait une instance qui ferait doublon avec le conseil d’administration de la régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole et la CLE Lez-Mosson-Etangs Palavasiens, et que d’autre part, il n’interviendrait pas à la bonne échelle qui est celle du bassin versant. Or, la spécificité du l’observatoire/forum est de permettre aux habitants usagers de l’eau qui le souhaitent de s’impliquer dans celui-ci, ce que ne permet ni le CA de la régie ni la CLE.


Q4

5/ Pensez-vous qu’il faille protéger davantage les eaux souterraines et les aires d’alimentation de captage qui subissent déjà les impacts négatifs à la fois quantitatif et qualitatif d’aménagements urbains, d’exploitations agricoles et de sites industriels dont les autorisations environnementales ont été accordées à la légère ?

19 pour

Plusieurs listes s’inquiètent tout particulièrement du risque de pollution de la source du Lez par l’extension de la carrière de Murles, alors que la source du Lez est la principale ressource pour l’alimentation en eau potable des communes de Montpellier Méditerranée Métropole. Cependant certaines d’entre elles font confiance au service GEMAPI de la métropole pour que soient prises les mesures qui s’imposent.


Q5

6/ Pensez-vous qu’il faille urbaniser différemment en prenant mieux en compte le risque d’inondation par débordement des cours d’eau, remontée de nappes et ruissellement des eaux pluviales sur des sols de plus en plus imperméabilisés, et pour cela commencer à vraiment désimperméabiliser là où c’est possible ?

19 pour

Il y a unanimité en faveur d’une urbanisation maîtrisée dans chaque commune qui prenne mieux en compte le trop ou le manque d’eau chronique. Mais les listes diffèrent entre elles sur les moyens d’y parvenir, certaines considérant que le PLUi est l’outil adéquat s’il est bien appliqué par les services de la métropole.


Q6

Campagne « Ne touchez pas à la nature » : une pétition pour protéger l’eau

Protégeons l’eau et la vie !


À PROPOS DE LA CAMPAGNE

Les forêts s’amenuisent, les rivières s’assèchent, la faune sauvage disparaît. Nous perdons l’air pur, l’eau potable et les espaces végétalisés dont nous dépendons. Et pourtant, les lois européennes qui protègent notre nature sont discrètement démantelées, sous le faux prétexte de « simplification ».

En bref : notre nature est menacée. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire.

Pour en savoir plus sur la campagne « Ne touchez pas à la nature » (Hands Off Nature), cliquez ici.

Cliquez sur AGISSEZ pour signer la pétition et rejoindre le mouvement (plus de 125 000 personnes ont déjà signé).

Il vous faudra 1 minute pour dire « MA SANTÉ ET LA NATURE NE SONT PAS À VENDRE ».

Les puissantes industries polluantes et leurs alliés politiques démantèlent les lois environnementales européennes, troquant notre santé et notre avenir contre le profit et le pouvoir.

Ces attaques irresponsables menacent notre eau potable, notre alimentation sûre, notre air pur et notre nature saine. Elles alimentent la pollution liée au cancer, aux maladies respiratoires et à d’autres risques graves pour la santé, le tout décidé à huis clos sans notre consentement.

Nous exigeons que nos dirigeants européens défendent les lois qui protègent les personnes et la nature, et ne cèdent pas aux pollueurs et aux intérêts particuliers.

Car lorsque les protections de la nature sont affaiblies, tout le monde en paie le prix, y compris nos enfants et les générations futures. C’est un choix : la santé de 450 millions d’Européens contre les gains à court terme d’une poignée de personnes. Signez maintenant. Ne laissez pas les pollueurs parler à votre place. Donnez une voix à la nature !

POURQUOI EST-CE IMPORTANT ?

Des attaques contre notre eau potable ont lieu à l’heure où nous parlons.

À l’heure actuelle, nos dirigeants délivrent des permis pour empoisonner notre eau. De puissantes industries polluantes (par exemple, l’industrie minière, l’industrie chimique, l’agriculture industrielle) et des législateurs irresponsables sont en train de démanteler la législation européenne sur l’eau qui garantit la non-toxicité de notre eau, la propreté de vos rivières et la protection de votre santé. Au cours des 25 dernières années, cette législation sur l’eau a permis d’assainir nos rivières et nos lacs.

Et ce n’est pas tout. Les produits chimiques persistants pourraient désormais rester indéfiniment parmi nous, la déforestation ne pourra plus être stoppée à l’avenir et la protection des espèces et des paysages emblématiques appartiendra au passé. Ils détruisent une à une les lois essentielles sur la nature.

En Europe, nous disposons de lois vieilles de plusieurs décennies qui protègent les personnes et la nature. Elles fonctionnent plutôt bien. Faisons en sorte qu’elles restent en vigueur.

Défendez-vous, défendez votre eau, défendez la nature, défendez vos enfants. Signez notre pétition dès maintenant et partagez-la largement.

Municipales 2026 : Questionnaire sur la future politique de l’eau soumis aux listes électorales

Eau Secours 34


Listes candidates aux élections municipales du 15 et 22 mars 2026, faites connaître votre position sur la future politique de l’eau de Montpellier Méditerranée Métropole en répondant aux six questions ci-dessous, au plus tard le 6 mars 2026. Vous pouvez répondre à chaque question par Pour, Contre ou Sans Opinion, et vous avez la possibilité de commenter votre réponse.

Eau Secours 34 informera ensuite les habitants de vos communes respectives de vos réponses ou refus de répondre afin qu’ils puissent voter de façon éclairée.

Nom de la liste électorale :

1/ Soutenez-vous un versement eau solidaire aux ménages de vos communes identifiés par la CAF comme ayant des revenus si faibles qu’ils engendrent des difficultés à payer leur facture d’eau ?

Contexte : La tarification de l’eau doit être à la fois écologique et sociale. Toutes les études montrent que le versement eau solidaire impliquant la caisse des allocations familiales (CAF) est le mécanisme le plus juste de tarification sociale. A la différence des premiers m³ cubes d’eau gratuite, il tient compte de la composition du ménage et s’applique même en absence de compteur individuel. Les obstacles réglementaires à ce versement viennent d’être levés et les régies des eaux de la communauté urbaine de Bordeaux, du Grand Lyon et de Montpellier Méditerranée Métropole vont effectuer ce versement en début d’année 2026 au plus tard. Par conséquent, la question ci-dessus concerne plus particulièrement les communes de Montpellier Méditerranée Métropole dépendant du Syndicat Bas Languedoc et du Syndicat Garrigue Campagne pour leur accès à l’eau potable. La tarification sociale est d’autant plus nécessaire que la facture d’eau ne peut qu’augmenter dans les années qui viennent.

Pour ___ | Contre ___ | Sans Opinion ___

Commentaire optionnel expliquant votre réponse :

2/ Souhaitez-vous que prenne fin dès que possible la sous-traitance au privé d’une partie des activités de collecte et de traitement des eaux usées de la régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole ?

Contexte : Les contrats de délégation de service public (DSP) pour la collecte et le traitement des eaux usées des secteurs Est, Ouest et Centre expirant fin 2024, Montpellier Méditerranée Métropole a décidé de confier la gestion de l’assainissement à sa régie des eaux plutôt que de négocier de nouveaux contrats de DSP. Mais pour des raisons à la fois techniques et économiques, la régie a du passer des marchés de prestations de service à Veolia pour le secteur Centre et à Suez pour les secteurs Est et Ouest. Ces marchés de prestation de services entreront en vigueur le 1er janvier 2026 ; ils dureront 4 ans et seront renouvelables 3 fois un an maximum. A ces marchés de prestations de services s’ajoute le marché global de performance pour la modernisation/extension de Maera. La régie doit impérativement mettre à profit ces 4 à 7 années pour monter en compétence technique et inscrire dans son budget annexe les investissements nécessaires pour l’acquisition de matériel et l’embauche de personnel. Si rien n’est fait pendant cette période, la régie n’aura pas d’autre solution que de passer de nouveaux contrats de prestations de service. La régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole a été créée en 2015, sous la forme d’une régie à autonomie financière et personnalité morale, pour assurer le service de production/distribution d’eau potable de 14 communes à la place d’entreprises privées dont les contrats de DSP se terminaient cette année-là. La régie a du sous-traiter quelques activités auprès de l’ancien délégataire Veolia, mais son conseil d’administration s’était engagé à internaliser dès que possible ces activités. Cette internalisation, achevée totalement en 2025, a amélioré le service aux usagers tout en diminuant les coûts d’exploitation.

Pour ___ | Contre ___ | Sans Opinion ___

Commentaire optionnel expliquant votre réponse :

3/ Approuvez-vous que d’une part soient effectuées des analyses plus fréquentes des micropolluants émergents dans l’eau et d’un plus grand nombre de molécules que ce qu’exigent les réglementations européenne et française, et que d’autre part les usagers de vos communes soient mieux et plus souvent informés de la qualité de l’eau du robinet qui en découle ?

Contexte : La révision de la directive européenne relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine a été adoptée en 2020. Parallèlement, la liste des paramètres chimiques à suivre dans les eaux brutes et distribuées a été mise à jour et elle le sera ensuite au moins tous les 6 ans pour tenir compte de l’évolution des connaissances et des produits chimiques commercialisés. Cette mise à jour concerne plus particulièrement les pesticides et leurs métabolites, le chlorure de vinyle monomère (CVM), et les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS). Des campagnes de mesure de ces micropolluants dans l’eau ont été effectuées de 2023 à 2025 sous l’égide de l’ANSES impliquant les agences régionales de santé (ARS) et les personnes responsables de la production et de la distribution de l’eau (PRPDE). Les pesticides et métabolites analysés sont indétectables dans l’eau distribuée en sortie des usines de potabilisation d’Arago et de Valedeau bien que l’eau du Rhône en entrée de Valedeau en contienne, ce qui signifie que le traitement de l’eau par cette usine est performant ; ce n’est pas le cas des usines de potabilisation de Vauguières et de Fabrègues dont l’eau distribuée à Lattes et Pérols pour la première et à Castries pour la seconde contient autant de pesticides et métabolites que dans l’eau brute. Cependant, toutes les concentrations sont inférieures à la limite de qualité (LQ) et n’entraînent donc pas de non conformité de l’eau potable. Les canalisations en PVC fabriquées avant 1980 relarguent du CVM (cancérigène certain pour l’homme) dans l’eau du réseau de distribution. Cela concerne surtout les petites communes rurales dont l’accès à l’eau potable s’effectue par de longues canalisations vieillissantes. Le CVM est détecté dans l’eau potable à Lattes, Villeneuve-lès-Maguelone, Fabrègues, Murviel-lès-Montpellier, Le Crès, Vendargues, Grabels (centre), à des concentrations inférieures à la limite de qualité ; seule la commune de Sauteyrargues appartenant à la CCGPSL a une eau potable dont la concentration en CVM dépasse la limite de qualité (la LQ pour le CVM est fixée à 0,5 µ/L). Le seul moyen de supprimer le relargage du CVM est de renouveler les canalisations incriminées ce qui a un coût non négligeable pour le PRPDE. La concentration de la somme des 20 PFAS analysées est à la limite du seuil de détection dans l’eau de la source du Lez à l’entrée de l’usine de potabilisation d’Arago, de environ 0,025 µ/L dans l’eau du Rhône en entrée de l’usine de potabilisation de Valedeau, et de respectivement 0,095 et 0,13 µ/L dans les forages 1 et 2 du Flès (Villeneuve-lès-Maguelone) avant dilution (la LQ pour les eaux brutes est fixée à 2 µ/L). Les 20 PFAS sont indétectables dans l’eau distribuée en sortie des usines de potabilisation d’Arago et de Valedeau bien que l’eau du Rhône en entrée de Valedeau en contienne, ce qui signifie que le traitement de l’eau (adsorption sur charbon actif) par cette usine est performant ; ce n’est pas le cas des usines de potabilisation de Vauguières et de Fabrègues dont l’eau distribuée contient autant de PFAS que l’eau du Rhône. Par conséquent, il n’est pas surprenant que l’eau du robinet de Fabrègues, Saussan, Pérols, Lattes (Boirargues), Saint-Brès, produite à partir d’eau du Rhône ainsi qu’à Villeneuve-lès-Maguelonec, contienne des PFAS a des concentrations non négligeables bien qu’en dessous de la limite de qualité (la LQ pour l’eau potable est fixée à 0,1 µ/L). L’absence de non conformité chimique dans l’eau potable distribuée dans les communes de la métropole ne doit pas conduire les PRPDE à relâcher leurs efforts et cela pour plusieurs raisons : la pollution diffuse des eaux superficielles et souterraines par les pesticides et métabolites ainsi que par les PFAS va continuer et d’autant plus avec l’adoption prochaine des paquets Omnibus 6 et 10 ; les limites de qualité et les valeurs seuil sanitaires ne prennent pas en compte les effets cocktail et « la dose ne fait pas le poison » des perturbateurs endocriniens. Les PRPDE doivent renouveler le plus rapidement possible les canalisations relarguant du CVM, ne pas réduire la fréquence des analyses, ajouter éventuellement d’autres PFAS et pesticides et métabolites à contrôler, continuer à tester et à améliorer l’efficacité du traitement de l’eau dans leurs usines de potabilisation. L’ARS envoie aux usagers une ou deux fois par an un court résumé indiquant le taux de conformité de leur eau potable ; c’est insuffisant et ne rassure pas du tout les usagers. Nous proposons que les communes publient régulièrement sous une forme « lisible » les résultats des campagnes de mesure que leur communiqueraient les PRPDE. Notons enfin que la régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole a entrepris de sa propre initiative de faire plusieurs analyses en 2025 qui ont permis de quantifier la présence du TFA (acide trifluoroacétique) dans l’eau du Rhône en entrée de l’usine de potabilisation de Valedeau. Le TFA est présent à 1,5 µg/L alors que sa référence de qualité (RQ) est de 10 µg/L. Or, l’ANSES considère depuis peu que le TFA est un PFAS « préoccupant » comme les 20 PFAS actuellement contrôlés et va estimer (probablement à la baisse) sa valeur de qualité (LQ à la place de RQ) et sa valeur sanitaire. Le TFA étant quasi-impossible à éliminer dans l’eau potable, les analyses réglementaires qui seront réalisées en 2026 risquent de faire apparaître des non conformités dans l’eau potable produite à partir d’eau du Rhône.

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4/ Etes-vous favorable à la création d’un observatoire de l’eau regroupant élus, institutionnels, experts, associations pour réfléchir et faire des propositions sur la politique de l’eau de la métropole de Montpellier, et à lui associer un forum d’échange et de sensibilisation avec les habitants ?

Contexte : Le 20 mars 2017, Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de la métropole, inaµurait en grande pompe l’Observatoire Montpellier Métropole de l’eau (OMME) dont la logistique devait être assurée par les services administratifs de la métropole ; un décret en fixait sa composition, sur le modèle de l’Observatoire Parisien de l’Eau. Sous l’impulsion du président de l’OMME, ancien directeur régional de l’agence de l’eau RMC, des groupes de travail sur le petit cycle de l’eau (eau potable, eau brute, eaux usées) et sur la préservation de la ressource se mettaient alors en place, avec pour objectif d’émettre des avis consultatifs (sollicités ou non) sur la politique de l’eau de Montpellier Méditerranée Métropole. Mais pour des raisons selon nous injustifiables, Philippe Saurel supprimait l’OMME moins d’un an après sa création. Lors des élections municipales qui ont suivi, Eau Secours 34 envoyait un questionnaire à un certain nombre de listes électorales dont une question concernait la création d’un nouvel observatoire de l’eau. L’ensemble des futurs maires ayant répondu au questionnaire se prononçaient en faveur de cette création, notamment René Revol, maire de Grabels, qui allait devenir président de la régie des eaux et vice-président en charge de l’eau et de l’assainissement de la métropole. Nous pensions à tort que l’observatoire serait créé en cours de mandat. Ne voyant rien venir et sur le conseil de René Revol, nous avons alors envoyé une lettre à Michael Delafosse avec copie à Anne Madziarski, responsable eau des services métropolitains, René Revol et Véronique Négret, respectivement vice-présidents en charge de eau et assainissement et de la GEMAPI. Dans cette lettre, nous expliquions l’intérêt d’élargir les sujets abordés au grand cycle de l’eau (milieux aquatiques, inondations) et à la gestion des eaux pluviales urbaines, en y associant les habitants. Nous affirmions qu’il ne fallait pas craindre que l’observatoire soit utilisé pour dénigrer la politique de l’eau de la métropole mais qu’il sera au contraire « un espace de dialogue apaisé avec les habitants sur un sujet, l’eau, dont la gestion intégrée va être de plus en plus difficile dans un territoire subissant à la fois le changement climatique et des pressions anthropiques importantes ». Nous n’avons reçu à ce jour aucune réponse.

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5/ Pensez-vous qu’il faille protéger davantage les eaux souterraines et les aires d’alimentation de captage qui subissent déjà les impacts négatifs à la fois quantitatif et qualitatif d’aménagements urbains, d’exploitations agricoles et de sites industriels dont les autorisations environnementales ont été accordées à la légère ?

Contexte : Les eaux souterraines sont de plus en plus polluées (majoritairement par les pesticides) et surexploitées (notamment pour irriguer) et se rechargent de moins en moins du fait d’une imperméabilisation croissante des sols. Il en découle une fermeture progressive des captages d’alimentation en eau potable des communes de Montpellier Méditerranée Métropole. Ainsi la régie des eaux de 3M a du arrêter l’exploitation du captage Garrigues-Basses à Sussargues en 2018, du captage du Fescau à Montferrier en 2021, du captage du Stade à Saint Brès en 2023. En 2024, la résurgence karstique de la source du Lez fournissait environ 85% de l’eau brute utilisée pour produire de l’eau potable, l’eau du Rhône environ 15% et les 5 autres captages restants moins de 1 %. Il est donc crucial pour l’alimentation en eau potable du territoire de protéger la source du Lez et son aire d’alimentation de captage des pollutions diffuses et accidentelles et des prélèvements excessifs et illégaux. L’autorisation accordée à Lafarge d’étendre la carrière de Murles est de ce point de vue complètement irresponsable. La protection des eaux souterraines est également indispensable pour que les cours d’eau en zone urbaine qui sont en relation avec les nappes dans leurs lits mineur et majeur soient dans le meilleur état possible. Pour cela, le PLUi de Montpellier Méditerranée Métropole interdit la construction de caves et parkings souterrains qui entraînerait un rabattement de nappe. Pour autant, des permis de construire avec construction de caves et parkings souterrains sont accordés comme par le passé malgré le risque probable de rabattement de nappe.

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6/ Pensez-vous qu’il faille urbaniser différemment en prenant mieux en compte le risque d’inondation par débordement des cours d’eau, remontée de nappes et ruissellement des eaux pluviales sur des sols de plus en plus imperméabilisés, et pour cela commencer à vraiment désimperméabiliser là où c’est possible ?

Contexte : Le territoire métropolitain subit régulièrement des pluies brèves et intenses appelées épisodes cévenols ou méditerranéens. Ces pluies violentes provoquent des inondations par débordement des cours d’eau, remontée de nappes et ruissellement des eaux pluviales qui peuvent parfois avoir des conséquences dramatiques. Ces inondations causent de plus en plus de dégâts non pas parce que les épisodes cévenols deviennent plus violents mais parce que l’imperméabilisation croissante des sols augmente le ruissellement des eaux pluviales. Il est donc indispensable d’améliorer la gestion des eaux pluviales urbaines et même d’en changer les pratiques pour réduire le risque d’inondation. Ainsi beaucoup d’habitations déversent leurs eaux pluviales dans le réseau de collecte des eaux usées et non pas dans celui des eaux pluviales ; ces eaux pluviales dites « parasites » ainsi que les réseaux unitaires sont à l’origine du rejet des eaux usées non traitées dans les cours d’eau en amont des stations d’épuration lors d’épisodes pluvieux importants (bypass). Afin de limiter le nombre de bypass, la régie des eaux demande depuis peu aux propriétaires de vérifier les branchements eaux pluviales et eaux usées de leurs habitations. La suppression des eaux parasites, la construction de bassins de rétention des eaux de ruissellement raccordés au réseau de collecte des eaux pluviales, et la transformation du réseau unitaire en réseaux séparatifs n’empêcheront pas le déversement d’eaux pluviales plus ou moins polluées dans les cours d’eau par lessivage des sols. L’infiltration à la parcelle couplée à la déconnexion du réseau de collecte des eaux pluviales offre une alternative intéressante au tout réseau, sauf que cela n’est pas possible partout pour des raisons techniques et économiques ou par manque de foncier. Montpellier Méditerranée Métropole communique beaucoup sur sa démarche d’infiltration à la parcelle et la cite dans le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) de son PLUi, alors que les exemples d’infiltration à la parcelle sont rares sur son territoire : quelques cours d’école, quelques parkings et espaces verts. Pour que l’infiltration à la parcelle devienne une réalité, il faut que la métropole et ses communes désimperméabilisent partout où c’est possible. Mais tout cela ne servirait à rien si la métropole ne changeait pas en parallèle sa politique d’aménagement urbain et notamment la construction de logements liés à la croissance démographique. Les logements à construire en priorité devraient être des logements sociaux et des logements accessibles à des ménages aux revenus modestes qui sont majoritaires sur son territoire. De plus, « construire la ville sur la ville » en densifiant à outrance peut conduire à une ville invivable face au changement climatique ; nous proposons pour éviter cela de limiter la hauteur et le nombre d’étages des futurs immeubles. Enfin, il faut selon nous ne pas construire des logements dans des secteurs où le risque d’inondation est important et où le manque de ressources en eau rend difficile l’accès à l’eau potable.

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Le questionnaire au format pdf

Le mouvement européen de l’eau demande le maintien de la directive cadre sur l’eau après l’annonce de sa révision par la Commission européenne

Le Mouvement européen de l’eau (EWM) met en garde contre les conséquences négatives de la révision de la directive cadre sur l’eau annoncée par la Commission européenne le 10 décembre 2025 lors de la conférence de presse sur le paquet omnibus environnemental.

Le week-end dernier, du 5 au 7 décembre, Gérone a accueilli la réunion annuelle de l’EWM. L’un des objectifs était d’analyser les propositions visant à déréglementer les cadres légaux de l’Union européenne en matière de gestion de l’eau, tant en termes de dérogations que de financement.

« Sans ce cadre juridique commun, toute garantie du bon état écologique et chimique des masses d’eau de l’Union européenne disparaît », avertissent les membres de l’EWM. La directive cadre sur l’eau (DCE) est le pilier essentiel de toute la politique européenne de l’eau, c’est pourquoi ils appellent les députés européens à défendre le règlement et ses normes actuelles.

L’EWM dénonce la dérive de la Commission européenne, qui « cède aux lobbies miniers et industriels dont les intérêts particuliers menacent le droit à un environnement sain et la santé publique de toutes et tous les européen.nes ». Les organisations soulignent que la Commission européenne a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien au droit humain à l’eau et à l’assainissement, à la suite des près de 2 millions de citoyens qui ont soutenu la première initiative citoyenne européenne (ICE Right2Water) appelant à la reconnaissance du droit à l’eau.

Ces déclarations font suite à celles de la Commissaire européenne chargée de l’environnement, de l’eau et de l’économie circulaire, Jessika Roswall, qui a déclaré la semaine dernière que la révision de la Directive cadre sur l’eau répondait à l’objectif de faciliter l’ouverture de mines sur le territoire européen afin de mettre fin à la dépendance vis-à-vis de la Chine et des États-Unis. Elle vise également à accélérer les projets considérés comme stratégiques pour la Commission, tels que les centres de données.

L’EWM établit un lien entre le backlash environnemental orchestré par la Commission européenne et son plan de réarmement et son projet apparent de compétitivité dans la course mondiale pour dominer les secteurs industriels technologiques tels que l’intelligence artificielle. « Il convient de rappeler que la conséquente consommation d’eau et d’énergie de l’IA est encore inconnue, ce qui devrait dissuader la Commission européenne de supprimer les procédures d’évaluation et d’impact environnementaux, en particulier dans les régions du monde touchées par une pénurie d’eau permanente », dénoncent les membres de l’EWM.

La révision potentielle de la DCE intervient quelques années seulement après que la CE ait procédé à une évaluation de la directive, concluant qu’elle était adéquate pour atteindre les objectifs communs de protection de l’eau et de la santé.

Des organisations d’Espagne, de France, d’Italie, des Pays-Bas, d’Allemagne, de Grèce, de Bosnie-Herzégovine, de Belgique et de Serbie se sont réunies et ont convenu de donner la priorité à la protection de la Directive cadre sur l’eau pour 2026. Parmi les participants figuraient des opérateurs publics, des administrations locales et le Rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’eau potable et à l’assainissement.

Ayuntamiento de Girona, Diputación de Barcelona, Ayuntamiento del Masnou, Ayuntamiento de Torelló, Ayuntamiento de Viladrau, Institut Català de Recerca en Aigua (ICRA), Institut de Ciència i Tecnologia Ambiental (ICTA-UAB), Centre de Recerca Ecològica i Aplicacions Forestals (CREAF), CAEB-CSIC, CT BETA UVic, LEQUIA – UdG, Wageningen University, Asociación Española de Operadores Públicos de Agua y Saneamiento (AEOPAS), Aqua Publica Europea (APE), Associació de Municipis per l’Aigua Pública (AMAP), Cicle de l’Aigua del Ter SA (CATSA), Consorci per a la Gestió Integral d’Aigües de Catalunya (CONGIAC), Consorci de Medi Ambient i Salut Pública SIGMA, Castelló d’Empúries 2000 SA, Gestió Urbanística i Serveis Arenys de Munt SA, Aigües Municipals de Xàbia (AMJASA), EYATH SA, Observatori de l’Aigua de Terrassa (OAT), Mesa Social del Agua, European Environmental Bureau (EEB), Ingeniería Sin Fronteras (ISF), Aigua és Vida, Plataforma en Defensa de l’Ebre (PDE), Grup de Defensa del Ter (GDT), Càritas Girona,  Naturalistes de Girona, Observatori del Deute en la Globalització, European Public Services Union (EPSU), The Netherlands Trade Union Confederation (FNV), Red Agua Pública (RAP), Plataforma Contra la Privatización del Canal Isabel II, Foro Italiano dei Movimenti per l’Acqua, ENDA Colombia, Eau Secours 31, Coordination Eau Ile de France, Water Observatory Xabia, Water Observatory Terrassa, Water Observatory Girona, CEE Bankwatch Network y Polekol/Pravo na Vodu.

Contact local: eau34@orange.fr

Contact général: hello@europeanwater.org

Site internet EWM

Déclaration de Pedro Arrojo, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme à l’eau et à l’assainissement

Déclaration de l’EWM

Lettre ouverte demandant le boycott des entreprises israéliennes du secteur de l’eau

Les entreprises israéliennes de gestion de l’eau participent au génocide à Gaza

Le président de la région PACA, Renaud Muselier, reçoit mercredi 3 décembre une délégation de 10 sociétés israéliennes spécialisées dans les technologies de l’eau (voir liste ci-dessous) au Château du Tholonet, siège de la Société du Canal de Provence (SCP).

Voici le programme de cette journée organisée par Rising Sud (agence d’attractivité et de développement économique de la région PACA) avec le soutien de la région PACA et en partenariat avec la SCP et le ministère de l’Économie et de l’Industrie de l’État d’Israël :
— présentation d’entreprises et d’institutions régionales du secteur de l’eau
— sessions B2B entre entreprises israéliennes et entreprises de la région PACA
— visite du centre de télégestion de la SCP
— visite du barrage de Bimont exploité par la SCP

Le président de la République, Emmanuel Macron, a missionné en 2023 la région PACA comme « Région pilote de la planification écologique » pour l’ensemble du pays. Celle-ci a choisi de nouer des relations étroites avec les acteurs de la gestion de l’eau en Israël. Le président Muselier et son vice-président Estrosi « assument » vouloir développer encore plus ces coopérations malgré le génocide en cours à Gaza.

Un apartheid de l’eau

Israël accapare l’eau en Cisjordanie et au sud Liban depuis des décennies avec l’aide de l’ensemble des entreprises israéliennes du secteur de l’eau, à la fois publiques comme Mekorot ou privées comme Netafim. Depuis le 7 octobre 2023, Israël détruit aussi systématiquement les réseaux d’accès à l’eau à Gaza.

Un véritable apartheid de l’eau est imposé en Palestine par l’occupant, sans tenir aucun compte du droit humain fondamental à une eau salubre, à un assainissement de qualité et à une hygiène hydrique efficace. Ces crimes de guerre et contre l’humanité ont été ignorés ou minorés par la quasi-totalité de la communauté internationale et notamment les puissances occidentales.

La privation d’eau comme arme génocidaire

Israël ne tient aucun compte de l’ordonnance du 28 mars 2024 de la cour pénale internationale qui a explicitement listé les nécessités vitales : nourriture, eau, électricité, carburant, abris, vêtements, hygiène et assainissement et exigé leur rétablissement immédiat. Toutes ces infractions commises par Israël constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui doivent être réprimées.

Francesca Albanese, rapporteure spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens, a explicitement condamné l’utilisation de la soif comme arme pour « tuer des Palestiniens ». Elle décrit cette stratégie comme une « bombe silencieuse » touchant principalement les enfants.

La pénurie d’eau potable, combinée aux bombardements des stations d’épuration, force la population à consommer de l’eau saumâtre ou contaminée. Cela entraîne une propagation massive de maladies (hépatite A, maladies diarrhéiques), particulièrement dans les zones de déplacement forcé surpeuplées.

Cette politique promue par l’ensemble des dirigeants israéliens et mise en œuvre par les acteurs de la gestion de l’eau en Israël constitue la base du crime de génocide.

L’eau comme moyen de colonisation et d’expulsion des Palestiniens de Cisjordanie

Avec l’aide de l’armée, les colons israéliens saccagent les point d’eau et Mekorot, entreprise monopoliste publique, vend l’eau potable 10 à 20 fois plus cher aux Palestiniens qu’aux colons. Le prix de l’eau agricole pour les colons n’est que de 0,10 à 0,35 $ le m3. Ils bénéficient des subventions de l’État et de l’organisation sioniste mondiale (OSM).

Israël n’a pas fait « du désert un jardin » à partir de ses entreprises technologiques innovantes, mais sa politique d’apartheid, de prédation et de génocide a fait d’un jardin un désert de mort où les droits humains sont bafoués

Il n’y a aucune leçon positive à importer de ce système. Les sociétés technologiques israéliennes ne se sont développées que grâce à l’argent des subventions de l’État et de l’OSM. La réutilisation des eaux usées traitées (Réut) est de plus financée par la prédation des eaux usées palestiniennes et leur refacturation. Le sujet problématique du financement de la Réut en France ne peut pas être abordé de cette façon.

Président Muselier et vice-président Estrosi, cessez votre propagande éhontée consistant à ignorer et à blanchir les très graves infractions d’Israël et de ses entreprises. Vous représentez la région et ses citoyens. Vos menées ne nous entraîneront pas à soutenir votre complicité avec l’État génocidaire ! Annulez d’urgence cette réunion que nous condamnons !

 

Premiers signataires

Eau Bien Commun PACA
Collectif Eau Ventoux
Cad’eau
Eau et services publics 42
Eau Secours 62
Eau Secours 34
Eau Secours 31
Eau Secours Orléanais 45
Eau Bien Commun Lyon Métropole
Coordination Nationale des Associations de Consommateurs d’Eau
Collectif Solidarité Palestine Ouest Étang de Berre
Stop arming Israël 13
BDS Provence
BDSF / Urgence Palestine-Montpellier
UJFP
CCIPPP 34
Marseille Gaza Palestine
AFPS Palestine 13
Fédération CGT des Services Publics
Coordination Fédérale des Services Publics de la région PACA
Coordination Syndicale des Services Publics des Bouches-du-Rhône
Nouriati Djambae, conseillère départementale
Sébastien Barles, adjoint au maire de Marseille

 

Liste des 10 entreprises israéliennes

Israel-Water-Sector-Catalog-2025

 

Presse

La Marseillaise
Reporterre
L’Humanité