Forum Alternativo e Popolare dell’Acqua : contribution de Eau Secours 34

Le premier Forum euro-méditerranéen de l’eau, réunissant les riches, les puissants et les institutions inféodées aux grandes entreprises se tiendra à Rome du 29 septembre au 2 octobre 2026. Le Forum italien des mouvements pour l’eau organise au même moment un forum alternatif (Forum Alternativo e Popolare dell’Acqua) pour donner la parole à la société civile et aux associations d’usagers de l’eau exclues du Forum euro-méditerranéen de l’eau.

Voici la contribution écrite que Eau Secours 34 a envoyé aux organisateurs du forum alternatif et qui sera largement diffusé pendant ce forum avec d’autres contributions d’associations membres de l’European Water Movement.


Sous la pression des lobbies industriels et agricoles, la Commission européenne et l’État français affaiblissent actuellement en France la gestion publique des services liés à l’eau et les droits d’accès à l’eau, à l’assainissement et à un environnement sain.

En France, l’État a confié aux communes la production et distribution d’eau potable, l’assainissement, la distribution d’eau brute mais aussi la gestion des eaux pluviales, la gestion des milieux aquatiques et la gestion du risque d’inondation. Les communes ont le choix de la gestion publique ou privée pour ces services publics locaux.

La gestion privée s’effectue par des PPP de type contrat (appelé délégation de service public en France) ou des PPP de type institution (appelé société d’économie mixte à opération unique en France). La gestion publique s’effectue par des régies (régie à autonomie financière, régie à autonomie financière et personnalité morale) ou des sociétés publiques locales.

Avant 2010, la gestion de la production et distribution d’eau potable était très majoritairement privée sous la forme de délégation de service public (DSP). Les profits des délégataires servaient non seulement à rémunérer leurs actionnaires mais aussi à corrompre des décideurs politiques au sein du gouvernement français et des communes.

Une vague de remunicipalisation a eu lieu entre 2010 et 2020 essentiellement pour la production et distribution d’eau potable. Cette remunicipalisation a eu 2 causes : la fin de beaucoup de contrats de DSP et le transfert de la compétence des communes aux intercommunalités. Des grandes intercommunalités (Paris, Lyon, Rennes, Montpellier…) ont choisi de passer en régie plutôt que de repartir sur une DSP parce qu’une grande régie permet une mutualisation des coûts et a une fiscalité très avantageuse : les excédents budgétaires ne sont pas considérés et imposés comme des bénéfices mais sont reportés dans le budget annuel suivant en tant que recettes ; les rémunérations des actionnaires sont interdites vu qu’il n’y a pas d’actionnaires.

La remunicipalisation a été beaucoup moins forte pour les autres services publics locaux. Par exemple, la gestion des eaux pluviales urbaines qui coûte autant que l’eau potable et l’assainissement reste jusqu’à aujourd’hui très majoritairement dans les mains du privé.

Veolia, Suez et Saur ont rapidement adapté leur businesss model afin de limiter la baisse de leur chiffre d’affaires due à la remunicipalisation. Ces entreprises ont d’une part renforcé leurs offres de sous-traitance sous forme de marchés publics et d’autre part développé un business autour des services environnementaux (dépollution des milieux aquatiques, dépollution d’anciens sites miniers et industriels, dépollution de décharges de déchets toxiques). Par exemple, il a fallu 6 ans à la régie des eaux de Montpellier pour internaliser la facturation et le centre d’appels précédemment sous-traités à Veolia. La régie des eaux de Montpellier gère l’assainissement depuis 2025 mais sous-traite d’une part l’exploitation de sa principale station d’épuration à Veolia par un marché public global de performance et d’autre part la collecte des eaux usées à Veolia et Suez par d’autres marchés publics. Autre exemple, la régie Eau de Paris continue à ma connaissance à sous-traiter à Suez et à Veolia la pose et l’exploitation des compteurs à télérelève. Lorsqu’une régie sous-traite ses principales fonctions au privé, elle est qualifiée de quasi-régie. Ces dernières années, un nombre croissant de régies se sont transformées en quasi-régies et cela concerne le plus souvent de petites intercommunalités rurales.

Depuis 2020, les communes et intercommunalités sont fragilisées d’un point de vue économique, environnemental, social et sanitaire par un ensemble de réglementations françaises et européennes qui affectent leurs services publics locaux liés à l’eau : le plan eau français, la transcription dans le droit français des directives européennes eau potable et eaux résiduaires urbaines, la réforme des agences de l’eau françaises, le Critical Raw Materials Act et son application en France, la loi française d’urgence agricole, les Omnibus et le futur Water Act européens. Ces réglementations génèrent de nouvelles dépenses qui ne peuvent pas être compensées par de nouvelles recettes. De plus, lorsque des enjeux économiques s’opposent à des enjeux environnementaux, sociaux et sanitaires, l’arbitrage par les nouvelles réglementations est systématiquement en faveur des enjeux économiques et des marchés financiers. Les communes et intercommunalités étant pour la plupart d’entre elles fortement endettées ne peuvent souvent pas faire de nouveaux emprunts. Elles doivent alors rechercher des partenariats qualifiés de « symbiotiques » avec des entreprises privées comme Veolia. Le partenaire privé fait l’avance de trésorerie et se rembourse avec intérêts progressivement grâce aux factures d’eau. Les partenariats symbiotiques sont soit des PPP (contrat et institutionnel) tels que nous les connaissons soit de la sous-traitance systématique (quasi-régie etc.).

Voici quelques exemples expliquant ce processus en cours. 1er exemple : le plan Eau exige des intercommunalités qu’elles réduisent fortement le taux de fuite dans leurs réseaux de distribution d’eau potable mais ne leur apporte aucune aide financière pour le faire. Au contraire, les agences de l’eau qui redistribuaient les redevances perçues via la facture d’eau des usagers sous la forme de subventions et de prêts à taux zéro ne peuvent plus le faire. L’État prend désormais une partie des redevances des agences de l’eau pour réduire son déficit budgétaire et interdit aux agences de l’eau d’aider financièrement les services de production et distribution d’eau potable avec le reste des redevances. 2ème exemple : le coût de production d’une eau potable répondant aux critères de qualité de la directive eau potable explose. En effet, les nouveaux micropolluants (pesticides et métabolites, PFAS, CVM) introduits en 2020 dans la directive sont difficiles à éliminer même en utilisant des technologies que les entreprises privées comme Veolia ou Saur vendent très cher aux intercommunalités. Les intercommunalités préconisent de privilégier le préventif (protection des captages d’alimentation en eau potable) qui est beaucoup moins coûteux que le curatif (élimination des micropolluants durant la potabilisation). Malheureusement, la loi d’urgence agricole va avoir l’effet inverse. Cette loi autorise l’utilisation de pesticides à proximité des cours d’eau et a réduit le nombre de captages prioritaires qui bénéficient d’une aire de protection, avec pour conséquences une pollution accrue des ressources en eau et la fermeture de captages devenus non conformes pour l’alimentation en eau potable.

Le recouvrement total des coûts est le fondement économique de la directive cadre sur l’eau. En France, le recouvrement total des coûts s’exprime sous la forme « l’eau paie l’eau ». L’eau (la facture d’eau des usagers) paie l’eau (réseaux, usines de potabilisation, stations d’épuration et leur exploitation). La facture d’eau ne peut pas être la même sur l’ensemble du territoire national puisqu’elle dépend de l’état des ressources en eau et des infrastructures de chaque intercommunalité. En France mais aussi dans les autres Etats membres, le recouvrement total des coûts pose problème parce qu’il s’applique de manière totalement injuste au détriment du droit d’accès à l’eau et à l’assainissement des ménages les plus pauvres. Les usagers industriels et agricoles ont une facture d’eau beaucoup plus faible que les usagers domestiques et ont leur accès à l’eau fortement subventionnée. Par exemple, l’eau du Rhône acheminé par la société BRL est vendue plus cher à la régie des eaux de Montpellier qu’aux irrigants agricoles. De plus, L’État a tardé à autoriser le versement eau solidaire aux ménages les plus démunis dans le cadre de la tarification éco-solidaire, et ce versement est de toute façon insuffisant face à l’augmentation inéluctable de la facture d’eau des ménages.

Au final, la situation ne peut que s’aggraver et conduire à une crise de l’eau et à des conflits d’usage généralisés avec le changement climatique.

Eau Secours 34
Membre de l’European Water Movement et de FNE Occitanie Méditerranée

Contribution à la concertation publique organisée par Urbaser sur le futur système de traitement des déchets ménagers de 3M

Avis de Eau Secours 34 déposé le 13 juin 2026 sur le site web de la concertation publique

L’incinération de combustibles solides de récupération (CSR) est la moins mauvaise des solutions pour éliminer les déchets issus des encombrants et refus de tri des collectes sélectives des ordures ménagères (ou plus exactement pour réduire fortement leurs tonnages envoyés en enfouissement). Mais encore faut-il prendre un certain nombre de précautions dont la principale est de localiser l’incinérateur CSR (appelé chaufferie CSR dans le document d’Urbaser soumis à avis) dans une zone peu ou pas urbanisée. Ce n’est pas le cas dans le projet confié à Urbaser de refonte du traitement des ordures ménagères de la métropole de Montpellier : l’unité dite TVD (Tri pour Valorisation des Déchets) qui produit les CSR à partir des encombrants et refus de tris et la chaufferie CSR seront sur le site d’Ametyst au côté de l’unité Biométhane « modernisée » pour l’occasion, en plein quartier Garosud – Les Grisettes.

Pourquoi il ne faut pas implanter une unité d’incinération/chauffage CSR en plein quartier

Les CSR issus entre autres du broyage de plastiques, textiles, bois et pneus usagés libèrent dans l’atmosphère, après incinération, des composés volatiles toxiques que les riverains ne devraient pas inhaler : HCl, HF, SO2, NOx, CO, cadmium, mercure, dioxines, furanes, PFAS et TFA… L’Arrêté du 23 mai 2016 sur les installations de production de chaleur à partir de CSR, Annexe I, fixe les valeurs limites de rejets atmosphériques à ne pas dépasser pour les composés listés ci-dessus à l’exception des PFAS et TFA qui sont ignorés. Lorsque ces valeurs sont dépassées, l’opérateur de l’unité d’incinération/chauffage CSR (Urbaser) doit mettre en place des procédés de traitement des fumées avant rejet dans l’atmosphère afin de passer en dessous de ces valeurs. Par exemple, le SNCR (système non catalytique de réduction des NOx) en injectant de l’ammoniac dans les fumées à une plage de température située entre 850 et 1050°C transforme au mieux 80 % des NOx en N2 et H2O. Les autres procédés pour réduire la quantité des autres composés volatiles dans les fumées sont moins efficaces et beaucoup plus coûteux.

Qu’est-ce que nous dit Urbaser à ce sujet ? Pas grand-chose : Le projet va mettre en place « un dispositif de traitement des fumées respectant en tous points les «Meilleures Techniques Disponibles», et prévoit ainsi des niveaux d’émissions bien plus stricts que les valeurs limites d’émission ». Rien sur la température d’incinération des CSR et le pouvoir calorifique inférieur (PCI) attendu, rien sur les PFAS et TFA, rien sur les meilleurs techniques disponibles qui seront mises en place… En résumé, Urbaser nous assure que tout est (ou sera) sous contrôle mais sans nous expliquer comment. Difficile de faire moins transparent dans le document d’Urbaser dont l’objectif n’est pas de nous informer mais de nous « vendre » son projet en rassurant les riverains d’Ametyst.

La véritable raison de l’abandon par Urbaser du scénario de création de l’unité CSR en zone peu urbanisée

Il a été décidé que les 2 bâtiments constituant l’unité CSR (celui du TVD et celui de la chaufferie CSR) seront construits sur une parcelle jouxtant l’usine actuelle d’Ametyst. De nouveaux bâtiments et équipements permettant une méthanisation et une fabrique de compost en plus grande quantité et plus performante seront construits quant à eux sur la parcelle de l’usine actuelle d’Ametyst. La disponibilité du foncier et la proximité des réseaux de bio-méthane et de chaleur sont donc la vraie raison de construire l’unité CSR sur le site d’Ametyst, puisqu’aucun bâtiment et aucun équipement de l’actuelle usine d’Ametyst ne seront conservés dans le projet d’Urbaser.

Il est difficile de croire qu’il n’existe pas sur le territoire de la métropole de Montpellier des zones de garrigue fortement dégradée par des incendies ou des dépôts sauvages de déchets et des friches industrielles et agricoles qui pourraient accueillir l’ensemble métropolitain du système de traitement des ordures ménagères, unité CSR comprise, et cela à une distance pas trop éloignée de réseaux de bio-méthane et de chaleur. L’argument d’Urbaser sur les nuisances liées au transport du combustible vers la chaufferie CSR ne tient plus dans ce cas. De fait, il s’agit avant tout d’un choix politique : soit le conseil métropolitain se préoccupe d’abord de la santé des riverains d’Ametyst, soit il souhaite laisser la main libre aux promoteurs immobiliers pour urbaniser aux endroits qu’ils leur conviennent. L’adoption du PLUi et surtout sa révision qui va suivre ne laissent aucun doute sur le choix fait.

Un système de traitement des ordures ménagères coûteux et peu vertueux

Selon Urbaser et la métropole de Montpellier, la capacité de traitement des ordures ménagères (et donc son coût) doit être augmentée pour tenir compte de la croissance démographique prévue dans les prochaines années sur le territoire métropolitain. La métropole de Montpellier affirme aussi vouloir augmenter le recyclage et inciter les habitants à réduire leurs ordures ménagères. Une croissance démographique moins élevée que prévue couplée aux bonnes pratiques décrites ci-dessus pourrait alors limiter significativement l’augmentation du volume d’ordures ménagères à traiter, remettant en cause la viabilité économique (et les profits) de la délégation de service publique d’Urbaser. Les infrastructures de ce type de système de traitement des ordures ménagères ont une durée de vie d’environ 25 ans, et pendant ces 25 ans il faudra coûte-que-coûte traiter un volume d’ordures ménagères en adéquation avec la capacité de traitement pour que cela soit rentable. La nécessité de fournir à Urbaser des ordures ménagères en quantité suffisante n’incitera pas la métropole de Montpellier à développer autant qu’elle le devrait les pratiques vertueuses de réduction des ordures ménagères.

La colline du Plan des Quatre Seigneurs et l’eau

Observations non exhaustives de Jean-Paul Andrieu, habitant au 415 rue des Quatre Vents, 34090 Montpellier.

Route de Mende

Au n° 2743, dans une parcelle propriété de la ville, se trouve un réceptacle maçonné en pierre qui recueille l’eau d’une source ou d’un puits artésien jamais à sec. En période de pluie l’eau qui sourd est très abondante et ruisselle jusque sur la route sur le versant du Lez.

La ville se doit de préserver cette ressource en eau à l’occasion de futurs travaux sur cette parcelle.

L’eau percole aussi sur les parcelles voisines du n° 2743 depuis le fonds supérieur où passe la rue des Quatre Seigneurs.


"Source" au 2743 route de Mende "Source" au 2743 route de Mende
"Source" au 2743 route de Mende


Rue de l’Hortus

Au n° 45, les habitants de la résidence « Le patio du Plan » ont restauré un puits fermé par une dalle lors de la construction de l’immeuble. Ils ont construit une capitelle munie d’une porte pour le protéger. L’ouvrage est visible en bordure de trottoir.

Los de travaux sur la rue de l’Hortus ces mêmes habitants ont pu observer une remontée de nappe avec débordement abondant.

Rue des Quatre Vents

Au n° 252, les maisons de ville de « l’Enclos des lys » ont été bâties sur une parcelle de vigne détachée du domaine « Aux Quatre Vents » ; La parcelle comprenait un puits maçonné en pierre, proche de l’école maternelle Agrippa d’Aubigné, il a été fermé ou comblé à cette occasion.

Par temps de pluie l’eau sort sur la rue entre l’Enclos de Lys et l’école; un avaloir en absorbe une partie.

Entre le n° 252 et l’entrée du domaine sportif de Veyrassy, la rue forme une dépression qui recueille l’eau de pluie provenant de l’école, du ruissellement sur la rue et du fonds supérieur du domaine « Aux Quatre Vents ». L’eau s’accumule dans la dépression, forme un obstacle à la circulation autos et piétons, se déverse sur les talus descendant vers le terrain de baseball de Veyrassi et l’inonde.

Lors des dernières pluies la flaque a été particulièrement abondante et alimentée en continu près d’une semaine après la fin des précipitations.

Pour sa création le domaine de Veyrassi a nécessité des terrassements considérables pour créer des talus et des plateformes recevant des terrains de tennis, de baseball et de football américain. Le ruisseau qui coulait là a disparu dans l’aménagement du site; il est visible plus loin dans un petit vallon arboré qui descend jusqu’à la route de Ganges, au niveau du carrefour de la Lyre, en passant sous le Palais des sports. Il doit s’écouler sur le versant de Verdanson ou se déverser dans le réseau pluvial.


rue des Quatre Vents rue des Quatre Vents écoulement vers le stade de Veyrassi entrée du stade de Veyrassi


Des travaux engagés par la ville qui bénéficie d’un bail sur ces terrains appartenant à l’Université (UFR STAPS, Euromov, Palais des sports), semblent prévus pour la rénovation du domaine sportif. Il serait alors nécessaire de régler la question de l’inondation de la rue et des plateaux sportifs tout en restaurant et, si possible, renaturant le ruisseau de Veyrassi.

La pollution des sols et des eaux par le cadmium : un problème de santé publique

Le 24 mars 2026, une nouvelle étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) confirmait les résultats de plusieurs études d’origines diverses publiées ces dernières années : les français de toute tranche d’âge sont de plus en plus exposés au cadmium, un métal lourd extrêmement toxique, et ils l’accumulent dans leur organisme à des concentrations sans précédent. La France est avec l’Irlande et la Pologne le pays de l’Union européenne où ces concentrations sont les plus élevées.

La toxicité du cadmium

Le cadmium est à la fois cancérigène et reprotoxique. Il est impliqué dans les maladies cardiovasculaires et les inflammations hépatiques, ainsi que dans la survenue de cancers du rein, de la vessie et de la prostate. Il est associé à des troubles de la fertilité, tant chez l’homme que chez la femme. Il est également soupçonné de contribuer à la forte hausse de l’incidence du cancer du pancréas observée en France (entre 3 et 4 fois supérieure à la moyenne européenne).

La pollution de l’environnement par le cadmium

Le cadmium est naturellement présent dans la croûte terrestre à l’état de traces. Mais l’agriculture et l’industrie ont entraîné son accumulation dans les sols et les eaux : l’agriculture par l’utilisation d’engrais phosphatés et les effluents d’élevage, l’industrie par les rejets et déchets de la métallurgie, de la production de batteries ou de plastiques, de l’extraction minière… A cela il faut ajouter la libération de cadmium dans l’eau par la corrosion de canalisations en acier galvanisé vieillissantes. Le cadmium est présent dans l’air uniquement sous forme particulaire (oxyde et sels de cadmium). Le cadmium à l’état métallique n’est pas soluble dans l’eau mais ses sels le sont plus ou moins; il est relativement mobile dans les milieux aquatiques sous forme de cations hydratés ou de complexes organiques ou inorganiques.

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Contribution du Mouvement européen pour l’eau à l’appel à contributions concernant la révision de la Directive cadre sur l’eau

Avril 2026

Traduction en français de la contribution en anglais du Mouvement européen pour l’eau.
Introduction

Le Mouvement européen pour l’eau (EWM) est un réseau ouvert, inclusif et pluraliste dont l’objectif est de renforcer la reconnaissance de l’eau en tant que bien commun et droit universel fondamental. Nous sommes unis dans notre lutte contre la privatisation et la marchandisation de cette ressource vitale, ainsi que dans notre engagement à construire un système de gestion publique et communautaire de l’eau, fondé sur la participation démocratique des citoyens et des travailleurs. L’EWM a été l’un des promoteurs de l’initiative citoyenne européenne (ICE) « Right2Water » de 2012/2013 sur le droit humain à l’eau.

Le dernier rapport de l’Agence européenne de l’environnement (EEA) sur l’état des eaux en Europe en 2024 a mis en évidence des chiffres alarmants concernant l’état des eaux de l’Union Européenne (UE), dont seulement 29 % des eaux de surface présentent un bon état chimique, et a clairement identifié certains des principaux facteurs responsables.

Nous souhaitons comprendre comment « cette initiative favorisera l’accès à ces matières dans l’UE, tout en protégeant l’environnement et la santé humaine »¹, étant donné que cette révision conduira sans aucun doute à un affaiblissement des mesures de protection de l’environnement.

Le secteur minier et certains de nos responsables politiques présentent systématiquement la Directive cadre sur l’eau (DCE) comme un compromis nécessaire pour garantir l’accès aux matières premières critiques (Critical Raw Materials, CRM), présentées comme indispensables aux transitions écologique et numérique. Ce discours est réducteur. Elle ne fait pas la distinction entre les utilisations véritablement essentielles, telles que les systèmes d’énergie renouvelable ou les infrastructures publiques critiques, et les demandes en pleine expansion, motivées par la consommation et le profit, notamment les véhicules électriques privés, les centres de données et les tendances plus générales à la sur-numérisation. Une transition qui se fait au détriment de la nature et de la santé des personnes ne peut être qualifiée de transition verte ; elle ne renforce pas non plus l’autonomie stratégique ni la compétitivité à long terme de l’UE.

En l’absence de hiérarchisation claire des priorités, la « criticité » devient une justification passe-partout pour intensifier l’extraction plutôt qu’un outil stratégique. Surtout, les débats politiques actuels restent massivement axés sur l’offre, tout en négligeant les mesures axées sur la demande, telles que l’utilisation efficace des ressources, l’économie circulaire et les changements systémiques en matière de mobilité et de consommation. Affaiblir les mesures de protection de l’environnement pour répondre à une demande effrénée est incompatible avec les limites planétaires.

De plus, le recours aux CRM s’appuie souvent sur un « techno-solutionnisme » qui néglige les impacts à long terme et irréversibles de l’exploitation minière sur les milieux aquatiques, notamment la pollution chimique et la dégradation des ressources en eaux souterraines. Une révision de la DCE visant à faciliter l’extraction aurait pour effet de répercuter ces coûts sur les écosystèmes et la société, notamment en raison des risques pesant sur l’eau potable, l’eau propre nécessaire aux activités humaines, une biodiversité déjà fragile et la résilience climatique.

Une approche véritablement stratégique de la sécurité des ressources devrait donner la priorité à la réduction de la dépendance, privilégier les usages d’intérêt public et s’aligner sur les limites environnementales, sans les abaisser. Dans ce contexte, l’argument des CRM ne saurait justifier un recul par rapport aux principes fondamentaux de la protection de l’eau, mais appelle plutôt à un cadre politique plus cohérent, plaçant la sobriété au cœur de la démarche.

I. Les revendications du secteur minier : vider la DCE de sa substance

Les revendications formulées par le secteur minier, telles qu’elles ressortent de ses prises de position², affaibliraient considérablement les objectifs fondamentaux et l’architecture juridique de la DCE. Si elles étaient acceptées, ces propositions n’apporteraient pas seulement des ajustements techniques, mais videraient de fait la directive de sa substance, compromettant ainsi sa capacité à protéger les ressources en eau, les écosystèmes et la santé publique dans l’ensemble de l’UE.

Affaiblissement du principe de non-détérioration

Au cœur de la DCE se trouve le principe de non-détérioration, pierre angulaire de la législation européenne en matière d’eau et traduction directe des principes plus généraux de non-régression et de prévention dans les domaines de la protection de l’environnement et du développement durable. Ce principe est solidement ancré dans la jurisprudence de l’UE, notamment dans l’affaire Weser, qui a précisé que toute détérioration de l’état d’une masse d’eau doit être évitée, sauf si des conditions strictes sont remplies.

Ce principe a joué un rôle déterminant dans l’amélioration concrète de la qualité de l’eau et de la santé des écosystèmes dans l’ensemble des États membres. Son affaiblissement réduirait à néant des décennies de progrès, anéantirait les ressources financières et institutionnelles et marquerait un revirement par rapport à l’engagement de l’UE en faveur de normes environnementales élevées, érodant ainsi la souveraineté de l’Union.

Le secteur minier préconise une définition « pragmatique » ou « pratique et proportionnée » du terme « détérioration », faisant également valoir que « tout impact sur la qualité de l’eau ne doit pas être considéré comme une détérioration interdite ».

Tout d’abord, les lois sont conçues pour protéger l’intérêt général³ et, par définition, visent toujours à trouver un équilibre afin de rester viables sur les plans culturel, social, environnemental et économique. La DCE, compte tenu de son objectif, constitue un texte législatif essentiel pour la préservation des droits fondamentaux de l’homme (environnement sûr, propre et durable, vie privée et santé, eau et assainissement, vie digne, etc.).

Les droits de l’homme ne sont pas un accessoire futile dont on peut se débarrasser à la moindre demande d’un secteur donné, ou dès la première perturbation géopolitique ou économique. Au contraire, ils constituent le fondement de toute société qui fonctionne. Les secteurs mêmes qui réclament indirectement le démantèlement de ces droits fondamentaux sont aussi ceux qui en bénéficient : ils ont tous besoin d’eau potable, d’une main-d’œuvre en bonne santé et éduquée, ainsi que d’un environnement relativement résilient et pacifique où règne l’État de droit pour mener à bien leurs activités.

Deuxièmement, le secteur minier et ses acolytes, ainsi que, malheureusement, le « gardien des traités » (c’est-à-dire la Commission européenne), semblent oublier que le droit, et en particulier le droit de l’environnement, repose sur la science et les faits. Tout impact négatif sur la qualité de l’eau est donc synonyme de détérioration. Compte tenu des effets en cascade de la détérioration d’un paramètre de qualité sur les autres paramètres de qualité et sur l’ensemble des écosystèmes et des réseaux trophiques, une définition « pragmatique » ou « proportionnée » de la détérioration ne ferait que permettre une pollution à plus long terme, avec des impacts irréversibles sur la vie, plus importante que celle déjà autorisée par le régime de dérogation existant au titre de la DCE, en particulier au vu du type de pollution générée par le secteur minier, qui est absolument nocif et mortel.

Enfin, comme pour tout autre texte législatif, la DCE prévoit déjà un régime de dérogation en vertu de son article 4, notamment ses paragraphes 7 et 5, ce qui ne justifie pas de remettre en cause ses principes fondamentaux, tels que le principe de non-détérioration.

Élargissement du champ d’application de l’article 4(7)

Le secteur minier demande que cet article fasse l’objet de modifications spécifiques, telles que :

  • Élargir le champ d’application de la détérioration admissible prévue à l’article 4(7), en modifiant la référence à l’«état écologique» des eaux de surface afin d’y inclure l’«état chimique». Une telle modification permettrait de prendre en compte les impacts significatifs à long terme, y compris la pollution historique, qui, à leur tour, entraîneraient une dégradation supplémentaire des conditions écologiques au fil du temps.
  • Supprimer le terme « physique » de l’expression « caractéristiques physiques », étendant ainsi les modifications autorisées au-delà des changements hydromorphologiques pour inclure les impacts chimiques. Cela ouvrirait la voie à une détérioration importante et potentiellement irréversible des masses d’eau, ainsi qu’à une perte de biodiversité déjà extrêmement rapide et irréversible.
  • Suppression la référence aux eaux «superficielles», qui étendrait ces dérogations aux eaux souterraines. Cela est particulièrement préoccupant compte tenu :
    — de leur importance pour les écosystèmes dépendants des eaux souterraines, qui sont souvent très fragiles et mal connus,
    — du rôle essentiel des eaux souterraines dans l’approvisionnement en eau potable à travers l’UE,
    — et de la persistance à long terme de la pollution des eaux souterraines, ce qui soulève de sérieuses questions quant à savoir qui supportera les coûts et assumera la responsabilité de la remise en état, lorsque cela est possible.

Article 4(5)

Les données disponibles indiquent que certaines des dérogations prévues par la DCE, en particulier l’article 4(5), restent sous-utilisées. Plutôt que de réviser la directive pour y introduire de nouvelles dérogations, il convient de veiller en priorité à ce que les dispositions existantes soient appliquées de manière efficace et cohérente.

Prolongation du délai de mise en conformité avec la DCE, conformément à l’article 4(4)

La proposition de prolongation des délais ne fait que souligner davantage cette préoccupation. La date butoir initialement fixée à 2015 pour la mise en œuvre de la DCE a déjà été repoussée à 2027. Or, selon les dernières évaluations de l’EEA et les derniers rapports sur la mise en œuvre de la DCE, les progrès restent limités. Accorder de nouvelles prolongations risque d’institutionnaliser le non-respect de la réglementation plutôt que de s’attaquer à ses causes profondes.

De nouvelles exemptions sont prévues à l’article 4

Par ailleurs, les récentes évolutions liées à la révision de la Directive relative aux normes de qualité environnementale (EQSD) ont déjà introduit de nouvelles formes de flexibilité, notamment :

  • une détérioration temporaire à court terme pour les éléments biologiques (jusqu’à un an) et pour les éléments chimiques (jusqu’à trois ans)
  • transfert d’eaux ou de sédiments pollués vers un autre milieu aquatique sans augmentation de la charge globale = pas d’augmentation nette de la pollution

Ces dérogations sont, par nature, difficiles à prévoir et à contrôler à l’avance, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à leur compatibilité avec les principes de précaution et de prévention. Dans la pratique, elles risquent de banaliser la détérioration plutôt que de la prévenir.

De même, le concept de « pas d’augmentation nette » de la pollution ne tient pas compte des effets réels et immédiats de ces transferts sur les milieux récepteurs. Le déplacement de la pollution n’équivaut pas à une réduction de la pollution.

Si les exigences du secteur minier devaient être satisfaites, la DCE perdrait ttout simplement sa substance et deviendrait un texte législatif vide de sens, dont la mise en œuvre effective serait directement contrecarrée par des dérogations systématiques aux principes très clairs visant à atteindre un bon état des eaux. La DCE constituant le fondement même de la protection de l’eau dans l’UE, nous exhortons la Commission européenne à retirer cette initiative malavisée.

II. Questions de procédure soulevées par la proposition de révision

D’un point de vue procédural, nous souhaitons également poser un certain nombre de questions à la Commission européenne concernant le processus de « réexamen et de révision » de la DCE.

La procédure actuelle soulève de sérieuses préoccupations quant au respect des Lignes directrices pour une meilleure réglementation (Better Regulation Guidelines) et des principes fondamentaux de l’élaboration législative de l’Union européenne, notamment la transparence, la participation, la cohérence et l’utilisation des meilleures données disponibles, ainsi que des principes de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, de la Convention d’Aarhus et même du marché unique, compte tenu des répercussions considérables que cette révision peut avoir sur d’autres secteurs économiques.

La DCE revêtant un intérêt général de premier plan, le fait d’annoncer une révision de ses dispositions seulement cinq ans après que son « fitness check » a conclu qu’elle était adaptée à son objectif, et sans avoir préalablement procédé à des évaluations d’impact et des analyses des risques significatives et adéquates ni à une consultation publique, revient littéralement à contourner les étapes indispensables à une prise de décision fondée sur les meilleures données disponibles. Rien ne justifie de s’écarter des principes fondamentaux de l’élaboration des lois et des Lignes directrices pour une meilleure réglementation. Si tel est le cas, nous n’avons vu cette justification nulle part, ce qui reflète également un manque de transparence et illustre une tendance systématique récente de la Commission européenne à outrepasser les pouvoirs qui lui sont conférés.

L’appel à contributions, tel qu’il est actuellement conçu, est insuffisant tant sur le fond que sur le plan du calendrier : il manque des précisions nécessaires pour permettre des contributions éclairées et s’accompagne d’un calendrier qui ne permet pas une participation significative. Cela pose un problème particulier étant donné que l’examen devant déboucher sur la révision devrait s’appuyer sur une analyse d’impact couvrant les dimensions environnementale, sanitaire et économique. Une telle approche va à l’encontre de l’objectif même de la gouvernance participative et réduit cette consultation à une participation exclusive d’experts, en écartant la voix des citoyens.

De plus, le processus semble faire fi des préoccupations clairement exprimées par le public. La récente consultation à grande échelle sur le projet de loi Omnibus sur l’environnement a mis en évidence une opposition significative des citoyens à la révision de la législation environnementale fondamentale et à l’expansion des activités minières, opposition exprimée par plus de 200 000 citoyens. Ces contributions n’ont pas été suffisamment prises en compte ni traitées. Parallèlement, la participation des parties prenantes s’est de plus en plus appuyée sur des formats informels et opaques, tels que les « dialogues de mise en œuvre » et les tables rondes, qui manquent de transparence et de responsabilité. Cette combinaison de consultations formelles limitées, de délais insuffisants et de recours à des mécanismes de participation non transparents soulève des questions fondamentales quant au respect de l’État de droit et à l’obligation de la Commission d’assurer un processus décisionnel inclusif, fondé sur des données factuelles et démocratique.

Conclusion

Une révision de la DCE entraînerait des risques environnementaux, sociaux et institutionnels considérables, au profit d’une minorité. Elle affaiblirait la protection des ressources en eau, avec des conséquences directes sur le droit à l’eau, la santé publique et celle de la nature, ainsi que sur les petites entreprises locales, tout en faisant peser les coûts à long terme sur les communautés et les pouvoirs publics.

Au niveau systémique, cela porterait atteinte aux principes fondamentaux de l’Union européenne que sont le principe de précaution, la prévention, la correction de la pollution à la source et la non-régression, ainsi qu’aux fondements plus généraux de la gouvernance démocratique, notamment la transparence, la participation, la cohérence et l’État de droit. Une telle révision compromettrait également la sécurité juridique au niveau national et créerait des précédents dangereux dans tous les secteurs, ouvrant la voie à de nouvelles dérogations aux normes environnementales et sociales, y compris dans l’agriculture et d’autres secteurs à fort impact.

Compte tenu de ces risques, nous demandons à la Commission européenne :

  • de s’abstenir de rouvrir la directive et privilégier plutôt sa mise en œuvre intégrale et effective;
  • de respecter et renforcer le principe de non-détérioration et les garanties existantes, et de recourir aux dérogations existantes, qui sont suffisantes, plutôt que de les étendre;
  • de veiller au respect strict des Lignes directrices pour une meilleure réglementation, notamment en matière de participation significative du public, de transparence et d’utilisation de données solides et exhaustives;
  • de s’attaquer aux causes profondes des pressions exercées sur les ressources en eau en donnant la priorité aux mesures axées sur la demande, à l’utilisation rationnelle des ressources et à la consommation durable;
  • et de veiller à ce que toute évolution des politiques respecte pleinement les droits fondamentaux, les limites de la planète et l’intérêt général à long terme.

³ Englobe à la fois la somme des intérêts individuels et un intérêt collectif spécifique qui transcende les intérêts individuels.

Réponses au questionnaire de Eau Secours 34 sur la future politique de l’eau de Montpellier Méditerranée Métropole

Eau Secours 34 a reçu les réponses de 19 listes candidates aux élections municipales 2026 soit environ un quart des listes contactées.

Les commentaires parfois associés aux réponses donnent un éclairage intéressant sur comment les futurs élus métropolitains voient (ou pas) leur rôle dans la conduite de la politique de l’eau de Montpellier Méditerranée Métropole. Un résumé de ces commentaires accompagne les réponses à chaque question.

1/ Soutenez-vous un versement eau solidaire aux ménages de vos communes identifiés par la CAF comme ayant des revenus si faibles qu’ils engendrent des difficultés à payer leur facture d’eau ?

18 pour | 1 sans opinion

La plupart des commentaires traduisent une difficulté à appréhender ce qu’est une tarification éco-solidaire et plus particulièrement l’intérêt du versement eau solidaire grâce à la CAF, et cela quelque soit l’opérateur desservant la commune (régie, délégataire, SemOp).



2/ Souhaitez-vous que prenne fin dès que possible la sous-traitance au privé d’une partie des activités de collecte et de traitement des eaux usées de la régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole ?

17 pour | 2 sans opinion

Plusieurs commentaires mettent en garde contre les risques techniques et économiques pour le service assainissement opéré par la régie des eaux de Montpellier Méditerranée Montpellier à mettre fin prématurément aux prestations actuelles des entreprises privées (notamment Veolia).



3/ Approuvez-vous que d’une part soient effectuées des analyses plus fréquentes des micropolluants émergents dans l’eau et d’un plus grand nombre de molécules que ce qu’exigent les réglementations européenne et française, et que d’autre part les usagers de vos communes soient mieux et plus souvent informés de la qualité de l’eau du robinet qui en découle ?

19 pour

Il y a un consensus à faire plus pour la qualité de l’eau que ce qu’exigent les réglementations européenne et française. Toutes les listes s’engagent également à mieux informer leurs concitoyens de la qualité de leur eau du robinet et certaines expliquent comment elles le feront.



4/ Etes-vous favorable à la création d’un observatoire de l’eau regroupant élus, institutionnels, experts, associations pour réfléchir et faire des propositions sur la politique de l’eau de la métropole de Montpellier, et à lui associer un forum d’échange et de sensibilisation avec les habitants ?

17 pour | 1 contre | 1 sans opinion

Quelques listes considèrent que d’une part, l’observatoire/forum serait une instance qui ferait doublon avec le conseil d’administration de la régie des eaux de Montpellier Méditerranée Métropole et la CLE Lez-Mosson-Etangs Palavasiens, et que d’autre part, il n’interviendrait pas à la bonne échelle qui est celle du bassin versant. Or, la spécificité du l’observatoire/forum est de permettre aux habitants usagers de l’eau qui le souhaitent de s’impliquer dans celui-ci, ce que ne permet ni le CA de la régie ni la CLE.



5/ Pensez-vous qu’il faille protéger davantage les eaux souterraines et les aires d’alimentation de captage qui subissent déjà les impacts négatifs à la fois quantitatif et qualitatif d’aménagements urbains, d’exploitations agricoles et de sites industriels dont les autorisations environnementales ont été accordées à la légère ?

19 pour

Plusieurs listes s’inquiètent tout particulièrement du risque de pollution de la source du Lez par l’extension de la carrière de Murles, alors que la source du Lez est la principale ressource pour l’alimentation en eau potable des communes de Montpellier Méditerranée Métropole. Cependant certaines d’entre elles font confiance au service GEMAPI de la métropole pour que soient prises les mesures qui s’imposent.



6/ Pensez-vous qu’il faille urbaniser différemment en prenant mieux en compte le risque d’inondation par débordement des cours d’eau, remontée de nappes et ruissellement des eaux pluviales sur des sols de plus en plus imperméabilisés, et pour cela commencer à vraiment désimperméabiliser là où c’est possible ?

19 pour

Il y a unanimité en faveur d’une urbanisation maîtrisée dans chaque commune qui prenne mieux en compte le trop ou le manque d’eau chronique. Mais les listes diffèrent entre elles sur les moyens d’y parvenir, certaines considérant que le PLUi est l’outil adéquat s’il est bien appliqué par les services de la métropole.