Contribution de Eau Secours 34 à l’effort de prévention du risque d’inondation et à la lutte contre le changement climatique

Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce que l’on ignore… voilà toute la politique.
— Beaumarchais

FNE Languedoc-Roussillon organise les 25 et 26 septembre à Montpellier le festival « Refaisons le climat ». Cet événement est sponsorisé entre autres par Montpellier Méditerranée Métropole et est labellisé COP21. Le président de Montpellier Méditerranée Métropole et le directeur de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée Corse interviendront lors de la conférence d’ouverture. Un certain nombre de conférence-débats et d’ateliers traiteront de sujets (inondations, montée du niveau de la mer, sécheresse et pénurie d’eau…) sur lesquels Eau Secours 34 mène une réflexion depuis plusieurs années.

Eau Secours 34 profite de cet événement de portée mondiale pour annoncer sa contribution à l’effort de prévention du risque d’inondation de Montpellier Méditerranée Métropole et à la lutte contre le changement climatique. Voici ses propositions :

Système d’alarme

“Nous sommes en train d’achever la mise en réseau des sirènes d’alarme pour les remettre en service.”
— Interview du maire de Montpellier, Midi Libre 16-09-2015

Eau Secours 34 propose une trompette en complément du système d’alarme par sirènes que souhaite mettre en place la mairie de Montpellier. Nous avions envisagé initialement un pipeau, instrument parfaitement maîtrisé par l’ensemble des élus municipaux, mais une trompette, verte de sur-croix, est clairement plus adaptée pour alerter les montpelliérains de la montée des eaux.

Poste de commande communal

“Quand Marie-Hélène Santarelli positionne de nouvelles caméras de vidéo surveillance, ce n’est pas seulement utile pour la criminalité. Un système est également dédié à la surveillance des crues.”
— Interview du maire de Montpellier, Midi Libre 16-09-2015

Eau Secours 34 propose un masque avec tuba pour équiper le poste de commande communal qui va suivre en temps réel la crue des cours d’eau grâce au réseau des caméras de surveillance financé par le contribuable montpelliérain. Le masque avec tuba sera très utile car le poste de commande communal est situé au sous-sol d’un bâtiment construit à proximité des berges du Lez dans une zone régulièrement inondée. Eau Secours 34 croyait naïvement que les caméras de surveillance servaient uniquement au contrôle et au flicage social, que nenni, Montpellier et son pôle de compétitivité eau, toujours à la pointe de la technologie, nous prouvent le contraire.

Bypass de la station d’épuration Maera

“Agrandissement et modernisation de Maera dès 2020 afin de doubler sa capacité d’accueil des eaux en cas de pluies diluviennes, recalibrage du diamètre des tuyaux de l’émissaire en mer pour 2016 afin de passer son débit de 1 à 3 m3/s, et création de bassin(s) de rétention de 45 000 m3 pour bloquer une partie des eaux de pluie.”
— Inondations à Montpellier: 100 M€ pour améliorer la station d’épuration, Midi Libre du 17-09-2015

Lors de forts épisodes méditerranéens comme ceux du 14 et 23 août 2015, la grande station d’épuration Maera en charge de la plupart des communes de la métropole rejette les eaux usées non traitées (bypass) dans le Lez et en mer, au large de Palavas. Le président de Montpellier Métropole Méditerranée vient d’annoncer que des travaux pour agrandir et moderniser Maera allaient être entrepris et qu’ils allaient réduire les bypass. Mais en attendant, Eau Secours 34 fait une proposition pour limiter la pollution fécale du Lez et du littoral méditerranéen : se retenir d’aller aux toilettes en cas de pluies diluviennes. Cet exemple de solidarité amont-aval de la population de la métropole permettrait de maintenir au plus haut l’image de la station balnéaire de Palavas qui est actuellement parfois obligée d’interdire la baignade pour cause d’étrons flottants en provenance de Maera.

Lutte contre le changement climatique

Eau Secours 34 propose de renommer le projet immobilier « Eco-quartier Ode à la mer » en « Eco-quartier Ode dans la mer ». En effet, le probable réchauffement climatique de plus de 2 degrés entraînera par dilatation thermique une remontée d’environ un mètre du niveau de la mer, recouvrant une grande partie des 250 hectares concernés. Eau Secours 34 ne doute pas que la Sunny French Tech Attitude réglera aisément ce léger problème à l’aide d’innovations technologiques telles que la construction sur pilotis ou le pompage par un procédé de type shadok.

Quelles leçons tirer des inondations de l’automne 2014 ?

Montpellier, le 30 juin 2015

L’Hérault a été frappé durant l’automne 2014 par 3 épisodes méditerranéens très intenses: en quelques jours il a plu autant qu’en une année moyenne. Il s’en est suivi des inondations qui ont entraîné la mort de 4 personnes à Lamalou-les-bains et de gros dégâts matériels dans des communes de la métropole montpelliéraine, notamment Grabels. Il est apparu à cette occasion que la gestion du risque d’inondation dans notre département n’était pas à la hauteur des enjeux. Les mécanismes de protection contre les inondations (digues, bassins de rétention, bras déversoirs…) se sont révélés pour la plupart soit insuffisants, soit inadaptés. La violence des inondations directement liée au ruissellement des eaux de pluie sur des sols imperméabilisés a été largement sous-estimée. La prévision météo et les mécanismes d’alerte n’ont pas bien fonctionné. La gestion de crise par la préfecture, en particulier la communication en direction des communes, des automobilistes, des parents d’élèves, des responsables d’établissements scolaires et universitaires a été calamiteuse.

Le changement climatique est déjà responsable de l’augmentation de 30% de l’intensité des épisodes méditerranéens sur les 50 dernières années. Les inondations sont désormais des inondations éclair où tout est plus fort et plus rapide. Que faire dans ce contexte nouveau pour protéger les personnes et les biens du risque d’inondation ? Partout en France, les pouvoirs publics commencent à prendre conscience qu’il n’est pas possible d’empêcher les inondations les plus violentes en artificialisant les cours d’eau par l’endiguement, les barrages et la chenalisation. Il s’agit désormais de limiter les impacts des inondations sur les personnes et les biens. Comment ? En restaurant des zones humides, en facilitant l’infiltration de l’eau dans les zones d’expansion de crue, et en développant une culture du risque et une résilience dans les communes. Or, ce n’est pas la voie choisie dans notre département comme le démontrent plusieurs projets d’urbanisme récents : gare de la Mogère avec le futur quartier OZ1, Oxylane, ZAC Caylus… La gestion du risque d’inondation reste toujours subordonnée à une politique d’urbanisation effrénée. Pourtant continuer cette politique d’urbanisation ne peut que conduire à des inondations faisant plus de victimes et de dégâts.

La gestion des rivières selon l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse

Film d’animation de l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse.

Redonnons à nos rivières un fonctionnement naturel pour limiter les crues, sécuriser les populations et améliorer la qualité de l’eau. L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et la DREAL de bassin Rhône-Méditerranée vous présentent un film sur les 3 idées clés pour réussir la gestion de nos rivières: laisser plus d’espace à la rivière, freiner le débit de l’eau et gérer l’eau à l’échelle du bassin versant.

 

Réponse à l’enquête publique « Loi sur l’eau » pour la ZAC Oz1

Montpellier, le 18 avril 2015

Eau Secours 34
190 rue de la Combe Caude
34090 Montpellier

A

Monsieur Frédéric SZCZOT – Commissaire enquêteur
ZAC Oz1 — Dossier Autorisation Loi sur l’Eau
Montpellier Méditerranée Métropole
50 place Zeus
CS 39556
34340 Montpellier

Deux épisodes méditerranéens très intenses ont frappé les communes de la métropole montpelliéraine durant l’automne 2014. La crue des cours d’eau et le ruissellement de l’eau sur des sols fortement imperméabilisés par l’urbanisation ont provoqué des dégâts matériels considérables. Le terrain devant servir à la construction du quartier Oz1 a été inondé suite au débordement du Negue-Cats et au peu d’infiltration de l’eau dans un sol dépourvu de couverture végétale. Ce n’est pas une surprise: ce terrain de 60 ha est inclus dans une zone rouge du Plan de Prévention du Risque d’Inondation.

Construire une gare TGV et un quartier dans une zone inondable serait une erreur lourde de conséquences. Imperméabiliser 30 ha sur 60 dans une zone d’expansion de crues en serait une autre. Les arguments du maître d’ouvrage Montpellier Méditerranée Métropole en faveur du projet relayés par ceux du Syndicat Mixte du Bassin de l’Or (Symbo) font bien peu cas du risque encouru par les personnes et les biens lors de fortes inondations comme celles que nous venons de vivre. La construction de bassins de rétention que propose le Symbo ne peut garantir une protection efficace contre de très fortes inondations, et cela dans un contexte où le changement climatique a déjà entraîné une augmentation de 30 % de l’intensité des épisodes méditerranéens en 50 ans. Quant à la compensation des 30 ha de sol imperméabilisé, il suffit de dire que le mécanisme de compensation n’est jamais un moyen de protéger l’environnement mais au contraire un moyen pour les promoteurs immobiliers et autres de passer outre les études d’impact environnemental. Notons également que la Caisse des Dépôts et Consignations, impliquée financièrement dans la construction de la gare TGV de la Mogère et le projet Ecocité – Montpellier à la mer, gère aussi un fonds d’investissement pour la compensation à travers sa filiale CDC Biodiversité; cela relève, nous semble-t-il, du conflit d’intérêts.

Habitat et risque d’inondation: le cas de Lattes

Extraits audios de la conférence donnée par la sociologue Séverine Durand, le 12 novembre 2014 à l’INSET de Montpellier

Histoire de l’eau à Lattes

Le manque de culture du risque d’inondation des habitants de Lattes

Les liens entre habitat et risque d’inondation

Article de Séverine Durand paru le 17 novembre 2016 dans la revue Metropolitiques

À qui faut-il confier la mission d’information des habitants sur les risques sanitaires et écologiques comme les inondations ? Séverine Durand montre que les municipalités en charge de cette mission peuvent être prises dans une dynamique de développement urbain difficilement compatible avec la préparation des habitants et des entreprises aux catastrophes.

Risque derrière la digue